
Année : 2011
Pie X
Dans la polémique autour de la condamnation par Rome au tournant de 1926 et 1927, un certain nombre de sujets enflent et font à leur tour polémique dans la polémique, rendant le tout un peu plus compliqué et fragmentaire encore.
Parmi ces sujets, l’un tient particulièrement à cœur à Maurras, qui y revient sans cesse : quelles furent les réelles pensées de Pie X à son égard ? et à l’égard de l’Action française ?
La question pourrait paraître anecdotique. Après tout, quelle importance ? en 1927 Pie X est mort depuis assez longtemps, il appartient aux brumes d’avant-guerre et du tout début du conflit. C’est surtout Benoît XV qui est associé à la guerre et à l’immédiate après-guerre pour les contemporains de la condamnation. Pie XI règne, n’est-ce pas son sentiment à lui qui compte, puisque ce sont ses décisions qui maltraitent l’A.F. ?
Les derniers jeunes poètes
Nombre de lecteurs de Mes idées politiques auront retenu et cité avec délectation ces quelques phrases qui fondent la Tradition critique et qui renvoient dos à dos l’esprit conservateur et l’esprit révolutionnaire :
La méthode qui me sembla toujours la mieux accordée aux lois de la vie n’a jamais délivré un quitus général au « bloc » de ce que les Pères ont fait. En accordant à leurs personnes un respect pieux, l’esprit critique se réserve d’examiner les œuvres et les idées.
Mais l’esprit critique voit clair ; l’esprit révolutionnaire ne sait ni ne veut regarder. Du passé faisons table rase, dit sa chanson. Je hais ce programme de l’amnésie.
Non, point de table rase. Cependant, libre voie !
Mais, comme tous les aphorismes sélectionnés en 1936 par Rachel Stafani alias Pierre Chardon dans la masse des articles rédigés par Charles Maurras en quarante années, ni l’origine ni le contexte de la publication de celui-ci ne sont précisés.