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2008

Des regards sur Maurras au fil des âges

par Philippe le 19 décembre 2008

Notre ami Tony Kunter nous livre une nouvelle étude dans laquelle, après avoir dressé un impressionnant panorama des travaux universitaires et des ouvrages consacrés depuis l’origine à Charles Maurras, il tente de dégager les motivations et les déterminants de ces analyses et de leurs auteurs. On se souvient de sa brillante critique des thèses développées par Ernst Nolte ; on retiendra surtout de son texte d’aujourd’hui une interprétation séduisante des points de vue usuellement soutenus aux États-Unis.

Ceux-ci, qui nous semblent bien simplistes, reviennent à faire de Maurras, par son nationalisme, le précurseur et l’inspirateur des autres nationalismes européens du vingtième siècle. Tony Kunter y voit une manifestation d’une défiance générale envers « l’ancien Monde », considéré comme un bloc et porteur des archaïsmes dont le « Nouveau Monde » s’est libéré.

Mais tout comme la tentative de déculpabilisation de l’Allemagne menée par Nolte, la dénonciation américaine d’un nationalisme européen tribal et partagé aura trouvé en France même un écho des plus favorables. Les communistes avaient à faire oublier certain pacte germano-soviétique, et les socialistes à se faire pardonner d’avoir fourni les gros bataillons des intellectuels collaborationnistes. Régentant ensemble l’Université, l’édition et la culture, il leur fallait un bouc émissaire sur qui rejeter toutes leurs turpitudes. Comme les démocrates chrétiens, qui vouaient à Maurras une haine tenace comme seuls les calotins peuvent en concevoir, ne demandaient pas mieux que de les soutenir sur ce point, la cause fut vite entendue, et les travaux étrangers dénonçant Maurras furent reçus comme vérité révelée.

Cependant, peut-on suivre Tony Kunter quand il tente de faire du concept de contre-révolution le point de départ d’une re-découverte de la complexité de Maurras ? Cela mérite discussion. D’une part, s’il est indiscutable que Joseph de Maistre et Louis de Bonald ont compté dans la formation des idées politiques de Maurras, on ne peut en faire des inspirateurs directs et majeurs. Car Maurras ne se réfère guère à leurs continuateurs directs, les légitimistes et les ultramontains du milieu et de la seconde moitié du dix-neuvième siècle ; les « Maîtres » qu’il place au-dessus de tous, ce sont les Auguste Comte, Renan, Sainte-Beuve ou Taine, tous des « modernes ». Et que dire d’Anatole France, de Mistral, voire de Barrès ?

Un autre nom revient souvent dans les travaux des uns et des autres, celui de Georges Sorel. Que celui-ci ait joué un grand rôle, c’est certain. Mais il inspira aussi bien Lénine que Mussolini, et n’eut en tous cas jamais le moindre rapport, la moindre complicité d’esprit ou d’action avec Maurras. De telles associations, placées sous le signe de la contre-révolution ou du pré-fascisme, sont de pures absurdités.

De plus, le mot de contre-révolution a l’inconvénient d’être négatif, de ne se définir que par opposition. Or Maurras n’est jamais meilleur que quand il est positif, quand il crée, synthétise, construit. Des quatre attributs de la Monarchie maurrassienne, le plus faible n’est-il pas l’antiparlementaire ?

Chacun se fera son opinion. Souhaitons en tous cas que Tony Kunter poursuive ses travaux et nous donne encore de nombreuses et fécondes pistes de réflexion !

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Donnez votre avis en répondant à notre enquête

par Philippe le 13 novembre 2008

survey-maurras.jpg

Quelle est l’image de Charles Maurras ?

Quelles idées, quelles thématiques lui sont-elles spontanément associées ?

Quel intérêt lui porte-t-on, lorsqu’on le connaît ou lorsqu’on pense le connaître ?

Quelles sont les questions, les attentes exprimées vis à vis de notre site maurras.net ?

Répondre à ces interrogations nécessite d’organiser une enquête. Mais auprès de qui, et selon quelles procédures ? Faute de moyens, nous avons choisi une formule ouverte et permanente, c’est à dire que tout un chacun peut apporter volontairement sa réponse, à tout moment et de façon anonyme.

Voilà une pratique aujourd’hui fort commune sur l’internet. Généralement, de telles opérations n’ont d’enquête que le nom ; l’échantillon n’est représentatif de rien, des gens s’arrangent pour « voter » plusieurs fois, des réseaux de connivence pèsent pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, et l’utilisation des résultats relève plus de la manipulation que de l’étude. Rien de scientifique, donc.

Nous avons pris la position inverse. Grâce à une formulation élaborée, fruit d’une certaine expérience en la matière, et à l’usage de logiciels de traitement professionnels, nous aurons la capacité de nous rapprocher, au fur et à mesure de l’accumulation des réponses, de conditions satisfaisantes d’échantillonnage, et donc de tirer un enseignement réellement objectif de la masse des informations recueillies.

Mis au point à l’été 2007, alors que le site avait un an d’existence, le questionnaire est désormais stabilisé. Les programmes d’exploitation sont validés et les réponses peuvent désormais être reçues et intégrées sans limite de nombre ni de délai. Les résultats pourront être actualisés au fur et à mesure de la progression de la population répondante, permettant ainsi de comparer les différentes strates d’enquête en fonction de la date de collecte et de l’avancement correspondant du site.

Une première série de 44 réponses ont été recueillies en août 2007 lors du « Camp Maxime Real del Sarte ». Leur examen a permis de tester les procédures d’exploitation et d’esquisser quatre profils de répondants. On trouvera ci-dessous un résumé de ces premiers résultats.

Désormais, le questionnaire est prêt pour une mise à disposition permanente auprès du public.

La structure du questionnaire

Le questionnaire existe en trois versions :

(Veuillez nous envoyer un e-mail pour savoir à quelle adresse postale renvoyer une version imprimée par vos soins si vous choisissez cette solution.)

Il est anonyme ; seule une première question sur l’âge permet de distinguer, en gros, les lycéens, les jeunes étudiants, les jeunes adultes et les plus de 35 ans. Il se compose de sept questions, dont une seule est ouverte, conduisant à 38 variables d’analyse ; mais malgré ce chiffre le temps de remplissage est inférieur à cinq minutes. L’ensemble est un heureux compromis entre le détail et la concision.

Deux questions (la première et la quatrième) visent à situer la position de la personne qui répond, d’une part quant à sa connaissance de Charles Maurras, d’autre part quant à sa connaissance du site. Ce sont des échelles simples, allant par degrés successifs du néophyte à l’expert.

Deux questions (la seconde et la troisième) précisent l’image que le répondant se fait de Charles Maurras et les centres d’intérêt qu’il privilégie dans son œuvre ; symétriquement, les cinquième et sixième questions visent à décrire les attentes et les besoins vis à vis du site.

Enfin, la dernière question est un appel aux bonnes volontés.

Les échelles d’opinion

La seconde question porte sur une série de huit opinions issues du dépouillement de plusieurs séries d’entretiens à bâtons rompus ; elles constituent un résumé de ce qu’expriment, ici les maurrassiens fidèles, là les lecteurs critiques. En revanche, nous avons éliminé de notre sélection les propos à l’emporte-pièce ne relevant que de la malveillance ou du dénigrement stérile. Les questions sont numérotées ci-dessous en référence à la version papier du questionnaire :

Quatre de ces opinions sont univoques, deux étant clairement positives :

  • Q2 – Maurras reste notre Maître et sa pensée est toujours aussi actuelle
  • Q8 – Il faut agir pour la réhabilitation de Maurras et la révision de son procès

les deux autres étant négatives :

  • Q3 – Maurras a écrit trop de choses impubliables aujourd’hui
  • Q6 – Maurras donne aujourd’hui une trop mauvaise image du royalisme

Les quatre autres formules proposent un balancement de deux propositions,

l’une avec la conjonctive et :

  • Q4 – Maurras appartient désormais au passé et il faut l’aborder en historien

les trois autres avec la conjonctive mais :

  • Q1 – Maurras est intéressant mais ce n’est pas le seul penseur royaliste ;
  • Q5 – Maurras doit être actualisé mais reste irremplaçable pour comprendre le monde ;
  • Q7 – Maurras s’est planté mais son œuvre est infiniment riche et précieuse.

Pour chaque opinion proposée, l’enquêté est invité à se situer sur une échelle à cinq positions :

  • 1 – Tout à fait d’accord
  • 2 – Plutôt d’accord
  • 3 – Neutre, sans préférence
  • 4 – Plutôt pas d’accord
  • 5 – Pas du tout d’accord

Les numéros d’ordre ont été choisis de façon à présenter une certaine alternance : une personne aux attitudes très tranchées sera ainsi amenée à passer plusieurs fois d’un bout à l’autre de l’échelle, ceci pour éviter tout risque d’hysterésis dans les réponses. Dans le même ordre d’idées, les formulations ont été volontairement accentuées, voire rendues provocantes, pour éviter l’accumulation des réponses sur la modalité centrale et pour que les cas réels d’indifférence ne soient pas, par réflexe de courtoisie, traduits en déclarations d’accord.

Premiers résultats

Il faut insister sur le fait que les chiffres présentés ci-dessous ne sont qu’une illustration de ce que l’enquête pourra fournir comme enseignements. Notre premier échantillon est d’une part trop petit, d’autre part trop particulier dans sa composition, pour que les résultats puissent avoir une valeur normative. Néanmoins ils sont suffisants pour entrevoir la nature des conclusions qui pourront se dégager d’un échantillon plus important et plus diversifié, ainsi que les réflexions que l’on pourra en tirer, tant sur la perception des idées maurrassiennes que sur les attentes exprimées vis-à-vis du site.

1 – Enseignements des questions d’opinion sur la première vague d’enquêtes

Les huit questions d’opinion ont été classées comme suit, de la mieux acceptée à la plus rejetée :

Q2 – Maurras reste notre Maître et sa pensée est toujours aussi actuelle
1.70
Q1 – Maurras est intéressant mais ce n’est pas le seul penseur royaliste
1.86
Q5 – Maurras doit être actualisé mais reste irremplaçable pour comprendre le monde
2.07
Q8 – Il faut agir pour la réhabilitation de Maurras et la révision de son procès
2.11
Q7 – Maurras s’est planté mais son œuvre est infiniment riche et précieuse
3.66
Q3 – Maurras a écrit trop de choses impubliables aujourd’hui
3.80
Q6 – Maurras donne aujourd’hui une trop mauvaise image du royalisme
4.18
Q4 – Maurras appartient désormais au passé et il faut l’aborder en historien
4.30

 

Ces réponses, recueillies sur un échantillon de jeunes militants a priori fiers d’arborer une fidélité sans faille à leur Maître, révèlent une coupure particulièrement nette entre quatre items fortement acceptés et quatre autres fortement refusés. En particulier, sur le dernier d’entre eux (Q4) le terme « historien », associé il est vrai au mot « passé », se révèle très négativement connoté. De même en Q7 la qualification élogieuse “infiniment riche et précieuse » ne parvient pas à contrebalancer le trivial « il s’est planté ». En revanche en Q1 et Q5 les expressions restrictives « n’est pas le seul » et « doit être réactualisé » sont bien acceptées et ne pénalisent pas l’ensemble de l’appréciation.

Mais ce qui est plus intéressant, et qui permet d’esquisser une cartographie des représentations que l’on peut se faire de Maurras, c’est la manière dont s’articulent proximités et antinomies entre ces huit opinions, et comment se dessinent des types homogènes de répondants par rapport à ces mêmes proximités et antinomies.

Voici d’abord les plus fortes corrélations observées (en valeur absolue décroissante) :

Q2 contraire de Q4
Opposition entre « actuelle » et « passé »
- 0.68
Q3 semblable à Q4
Assimilation entre « passé » et « aujourd’hui dépassé »
0.54
Q4 semblable à Q6
Même idée, avec en plus la « mauvaise image »
0.49
Q5 contraire de Q4
Opposition entre « passé » et « irremplaçable »
- 0.46
Q2 semblable à Q8
"Actuelle » implique « réhabilitation »
0.46
Q2 contraire de Q6
Le « Maître » ne saurait avoir une « mauvaise image » !
- 0.40
Q2 semblable à Q5
Le « Maître » est forcément irremplaçable !
0.40

 

Les autres corrélations sont (en valeur absolue) inférieures à 0.40 et pour nombre d’entre elles non significativement différentes de zéro. Il n’y a pas de collinéarités flagrantes ; ainsi Q2 et Q4, qui sont les deux opinions extrêmes du classement (la plus unanimement acceptée et la plus unanimement rejetée) forment le couple le plus négativement corrélé, ce qui est logique, mais à un niveau très moyen.

1.1 – Composantes principales

De la matrice des corrélations se dégage un axe très bien marqué qui oppose fortement les opinions favorables (Q2, puis Q8 et Q5) aux opinions défavorables (Q4, puis Q3 et Q6). C’est ce qu’on pourra appeler le facteur « d’adhésion synthétique ». Les deux opinions Q7 et Q1, surtout cette dernière, se situent au milieu, dans une zone neutre près du barycentre de l’échantillon.

Deux autres facteurs apparaissent légèrement significatifs mais leur interprétation reste fragile. Ils font intervenir tous les deux, et fortement, les opinions Q1 et Q7 délaissées par le premier facteur, l’un en les rapprochant, l’autre en les opposant. Dans le premier cas l’axe semble opposer un regard purement historique (rejouer la vie de Maurras, pour comprendre et réhabiliter) à un regard tourné vers l’action (en quoi Maurras peut-il nous aider ici et maintenant) ; les personnes qui cumuleraient les deux démarches, ou ne verraient entre elles aucun antagonisme, seraient alors regroupées au centre. Dans le second cas, l’opposition se situerait, aussi bien au sein des historiens qu’au sein des prospectivistes, entre les tenants du « seul Maurras » et ceux d’une problématique royaliste plus globale.

Coordonnées des opinions sur les composantes principales :

(corrélations entre variables et facteurs ; l’orientation n’a pas de signification)

Adhésion Synthétique
Histoire versus Prospective
Maurras versus Royalisme
Q1
- 0.10
0.69
- 0.55
Q2
- 0.82
0.01
0.20
Q3
0.70
0.21
0.35
Q4
0.83
- 0.37
- 0.01
Q5
- 0.55
0.30
0.32
Q6
0.66
0.06
0.21
Q7
0.36
0.65
0.46
Q8
- 0.57
- 0.22
0.45

 

1.2 – Typologie des opinions

Quatre groupes assez bien distincts se dégagent de l’analyse.

L’ordre dans lequel ils apparaissent dans le tableau ci-dessous ne se retrouve sur aucune des huit opinions ni sur l’un des trois facteurs, et n’a pas de signification particulière. En fait les groupes sont rangés dans l’ordre inverse de leur apparition au fur et à mesure de la construction de l’arbre de classification. Les groupes 3 et 4 sont les plus nombreux ; ce sont des noyaux durs qui se forment dès les premiers appariements, alors que les groupes 1 et 2 fédèrent des électrons libres qui ne s’agrègent qu’en fin d’opération.

Rien n’indique que ces groupes se conserveront, en nombre comme en contenu, quand l’effectif de la population répondante augmentera, et que l’interprétation qu’on peut en faire à ce stade gardera quelque sens. L’exercice est néanmoins intéressant.

Les deux groupes dominants présentent, nombre oblige, des valeurs très proches des moyennes d’ensemble. Ils se différencient essentiellement sur Q8, et par nuances sur quelques autres opinions. Tous affirment leur attachement et leur fidélité, mais les « modernes » montrent plus d’attention à la compréhension du monde actuel, alors que les « classiques » pensent d’abord à la révision du procès et à la réhabilitation.

Les deux groupes dissidents sont d’une part les « bonnetistes » (allusion peut-être rapide à Blanc de Saint Bonnet…) ; ils sont très tournés vers l’histoire, pensent que Maurras a pu se tromper et en tous cas n’est pas la seule référence à étudier, mais qu’il convient de lui rendre justice.

À l’inverse, les « sceptiques » prennent leurs distances, admettent que Maurras puisse être dépassé, qu’en tous cas il est prudent de ne pas trop l’afficher et qu’il vaut mieux laisser son souvenir en paix, que c’est désormais l’affaire des historiens.

Valeurs moyennes des opinions et des facteurs sur les quatre types :

 
Bonnetistes
Sceptiques
Modernes
Classiques
Ensemble
Q1
1.40
2.33
1.60
2.06
1.86
Q2
1.40
3.17
1.53
1.44
1.70
Q3
3.00
2.33
4.13
4.22
3.80
Q4
5.00
2.17
4.60
4.56
4.30
Q5
2.00
3.17
1.73
2.00
2.07
Q6
4.40
2.83
4.13
4.61
4.18
Q7
1.60
3.50
3.80
4.17
3.66
Q8
1.40
3.00
3.00
1.28
2.11
F1
0.10
- 1.99
0.13
0.53
0
F2
- 1.41
0.68
- 0.37
0.48
0
F3
- 1.10
0.02
0.52
- 0.13
0

2 – Classement par ordre d’intérêt des différents aspects de l’œuvre maurrassienne

Attention : ces réponses reflètent les attentes et les connaissances propres à la première vague de répondants et n’ont aucune valeur intrinsèque. Elles sont cependant assez contrastées pour être regardées avec intérêt. Pour prendre quelque consistance, elles devront être croisées avec les types précédemment esquissés ; mais l’échantillon dont nous disposons est trop réduit et trop circonstanciel pour permettre dès à présent ce genre d’exercice.

L’échelle utilisée est une moyenne quadratique variant entre zéro et 2.

La doctrine royaliste d’Action Française
1.85
La décentralisation et le fédéralisme
1.75
La philosophie politique et l’anthropologie
1.62
La politique étrangère
1.46
La vie politique sous la IIIe République et la guerre de 1914
1.29
La question religieuse
1.27
La stratégie royaliste
1.26
La formation des idées du jeune Maurras
1.12
La critique littéraire
1.07
Athènes, Rome, la Méditerranée
1.04
La Provence et le Félibrige
0.97
L’Occupation et le procès
0.95
La poésie
0.81
Martigues, les souvenirs et la maison du Chemin de Paradis
0.52

 

Manifestement, nous avons affaire à un échantillon de militants désireux de se former à l’action politique en priorité ! Les souvenirs de Martigues, l’œuvre poétique de Maurras et la période de Vichy ne les touchent guère ; la latinité à peine un peu plus. À l’inverse, la décentralisation, mais sortie de son contexte provençal ou méditerranéen, occupe la seconde place en haut du tableau.

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Lettres à Charles Maurras, au Septentrion

par AAMCP le 1 septembre 2008

Les Presses universitaires du Septentrion publient Lettres à Charles Maurras - Amitiés politiques, lettres autographes, 1898-1952.

Nous ne pouvons que remercier l’éditeur de nous avoir fourni l’introduction de l’ouvrage, que vous pouvez télécharger, ainsi qu’un bulletin de commande si vous aviez du mal à vous procurer le livre en librairie.

Lettres à Charles Maurras

Creusant les racines du genre épistolaire, ce recueil commenté de quelque quatre vingt lettres adressées à Charles Maurras par ses amis : des figures tutélaires de l’Action Française (Jacques Bainville, Léon de Montesquiou, Lucien Moreau, Henri Vaugeois), des hommes de confiance (Bernard de Vaulx, l’amiral Antoine Schwerer), des références intellectuelles (Robert Brasillach, Thierry Maulnier) ou des « bras armés » (Maurice Pujo, Georges Calzant, Lucien Lacour, Marius Plateau, Maxime Réal del Sarte), rend compte du comportement et des postures politiques de cohortes générationnelles unies. Marquées par les violences de guerre, imprégnée de valeurs royalistes, nationales, catholiques ou « anti-boches », elles expriment une adhésion sans partage aux idéologies maurrassiennes sous les mots de billets fiévreux ou de longues missives qui témoignent de l’urgente envie d’agir. Ces correspondances respectueuses autant qu’empathiques avec le « Cher Maître », choisies pour l’exploitation directe qu’elles autorisent sur l’intime de chacun et le lien privilégié entretenu avec Maurras, mettent au jour un corpus homogène par la place qu’il réserve à la logique collective qui anime en les soudant groupes, réseaux et cercles de sociabilités. Pour autant, ressortent les spécificités sociales et culturelles de trajectoires individuelles, disjointes parfois dans les écarts de tranches d’âge, restituant pour l’historien la singularité de positionnements politiques mus par l’intransigeance de l’engagement.

Agnès Callu, ancienne élève de l’École nationale des Chartes et de l’Institut national du Patrimoine, auteur d’une thèse sur la Réunion des Musées nationaux sous la IIIe République publiée et couronnée du prix Lenoir, est conservateur du Patrimoine aux Archives nationales, chercheur-associé au CNRS (Institut d’histoire du temps présent, IHTP) et à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), chargé de cours à l’Université Paris IV – Sorbonne et à l’École nationale des Chartes.

Patricia Gillet, ancienne élève de l’École nationale des Chartes, auteur d’une thèse sur Étienne Baluze (1630-1718) et l’histoire du Limousin : méthodes et desseins d’un érudit du XVIIe siècle (à paraître), est conservateur en chef du Patrimoine aux Archives nationales et membre de la section d’histoire contemporaine et du temps présent du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS).

Ont également contribué à l’ouvrage :

  • Marie Cattelain, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris ;
  • Laurent Ferri, conservateur à la bibliothèque de l’université Cornell (Ithaca, New York) ;
  • Bertrand Joly, professeur à l’université de Nantes ;
  • Sébastien Laurent, maître de conférences habilité à l’université Bordeaux III ;
  • Thomas Roman, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris.

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Samedi 6 septembre à 15h, dans la bibliothèque Xavier de Fourvières, de l’abbaye de Frigolet (13), aura lieu une conférence d’Axel Tisserand : La relation de toute une vie entre Mgr Penon et Charles Maurras.

Rappelons qu’Axel Tisserand a publié la correspondance entre Mgr Penon et Charles Maurras. Monseigneur Penon, évêque de Moulin, s’est retiré à l’abbaye de Frigolet de 1926 à sa mort le 7 septembre 1929. Un article à ce sujet est publié dans Le Petit-Messager, bulletin de liaison et d’information de l’abbaye.

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