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1936

Louis XIV

par Nicolas le 8 mai 2010

Louis XIV, portrait équestre par MignardOn a souvent pu faire de Maurras un théoricien de la monarchie, en l’absence même d’une vaste synthèse sur le sujet, tant les textes paraissent abondants qui donnent cette théorie par bribes ou par pans plus ou moins étendus, qu’il n’y aurait ensuite qu’à relier entre eux par ce que l’on n’appelait pas encore des copiés-collés quand l’entreprise fut commencée, du vivant même du Maître.

Reste que cette manière de procéder, pour être utile et même irremplaçable, ne s’en fait pas moins au prix d’une certaine distorsion.

Certains textes sont utiles pour contrebalancer ce qu’elle a de systématique, de trop ordonné et parfois d’un système artificiel opposé aux intentions de Maurras lui-même. Ainsi ce texte sur Louis XIV tiré de l’Almanach de l’Action française pour l’année 1936 : loin des réflexions institutionnelles ou de théorie politique au sens habituel d’une réflexion sur les pouvoirs et leur organisation, elle part de la figure de Louis XIV, figure il faut bien le dire un peu rebattue, et le texte qui s’ouvre sur une évocation des mensonges de l’instruction républicaine muée en propagande grossière n’évite pas la difficulté : face au Louis XIV grotesquement travesti d’un maréchal des logis mal embouché, on attend le Louis XIV en image naïve et édifiante d’une certaine tradition royaliste.

Il n’en est rien : si les grandeurs du règne sont évoquées, passage obligé, ce n’est pas pour nourir une image pieuse ou fondre une statue équestre là où l’adversaire crayonnait une caricature. C’est pour évoquer l’utilité toujours présente du grand siècle et du grand Roi, en comparant la guerre de Succession d’Espagne et la guerre espagnole de Napoléon. Éprouvantes l’une comme l’autre, désatreuses même à bien des égards, mais la première « fertile » et la deuxième « stérile » écrit Maurras.

Ainsi l’excellence de Louis XIV, celle des conceptions royales à ce moment clef de notre histoire, ne se mesure ni à l’aune d’une image idéalisée ou caricaturée, ni à celle de conceptions politiques — soyons plus clairs : de conceptions idéologiques — dont procéderaient ces images contraires. Mais à l’aune de ce qui dure dans le temps et y perdure dans son excellence ou son utilité. « La guerre d’Espagne de 1709 nous soutenait encore en 1914. (…) Son [Louis XIV] art, son goût, son génie portent conseil, leçon, exemple, par les enseignes qui furent propres à sa grandeur : cette grandeur qui fait les délices et l’orgueil des élites du genre humain parce que son principe n’est pas de briller dans le temps, mais de lutter et de tenir énergiquement contre lui. »

Cela écrit peu avant que ne s’ouvre une troisième guerre d’Espagne dont on avait déjà pressenti des signes inquiétants en 1935. Les élections de février 36 allaient tout précipiter, on sait que ne pas avoir à garder notre frontière pyrénéenne n’aura été d’aucun secours face à l’impréparation, aux erreurs et aux impuissances républicaines de l’été 40.

Jacques Bainville, l’infaillible précision

par Philippe le 31 mars 2010

Place Jacques BainvilleMoins d’un an après la mort de Jacques Bainville, au tout début de 1937, Lectures, son premier livre posthume, est publié chez Fayard. Maurras lui donne une préface que la Revue universelle fait paraître en avant-première dans son numéro du 1er décembre 1936.

Maurras est incarcéré à la Santé depuis le 29 octobre ; ce texte qui est d’abord un hommage à l’ami dont la place laissée vide ne sera jamais comblée est aussi une première et courte ébauche de La Politique naturelle qu’il rédigera en prison les semaines suivantes. L’évocation du génie de Bainville est en effet la meilleure introduction possible à des considérations sur la méthode en histoire, en politique et en sciences sociales, sur la nature des lois de la marche des sociétés et sur les méfaits de l’esprit de système.

La disparition prématurée de Jacques Bainville, cadet de onze ans de Maurras, sera pour l’Action française une perte irrémédiable. Elle est le pendant de celle d’Henri Vaugeois, survenue vingt ans plus tôt. Dans l’un et l’autre cas, Maurras décrit ces départs comme de véritables amputations personnelles. Cependant les effets ne s’en feront sentir que de manière diffuse et différée ; car dans l’immédiat, ce sont les conséquences des incidents survenus lors de l’enterrement de Jacques Bainville qui détermineront tant l’histoire que les réactions et le comportement du mouvement royaliste, face au régime, à ses dissidences et à la montée de la puissance militaire allemande.

Prodige de précision et de lucidité, et surtout de rapidité dans le diagnostic, le personnage de Bainville s’installera peu à peu dans les esprits comme un mythe associé à un âge d’or de l’Action française, une référence que chacun invoquera à l’appui de ses propres positions, et l’objet d’incessantes lamentations uchroniques : qu’eût-il fait, s’il était encore parmi nous ?

Quatre portraits

par Nicolas le 1 mars 2009

Nous vous proposons quatre nouveaux portraits de Charles Maurras :

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Décernez-moi le prix Nobel de la paix

par Philippe le 7 avril 2007

Décernez-moi le prix Nobel de la paix. Tel est bien le titre du second volume d’une série de trois, publiés en 1931 par les éditions du Capitole.

Ce sont trois petits livres à tirage limité (1500 exemplaires), sur grand papier. Si le premier (Sur la Cendre de nos Foyers) et le troisième (Les Lumières de la Patrie) ont été composés pour la circonstance, celui-ci est une sélection d’articles parus entre 1904 et 1928, tous sur le thème de la Paix, du pacifisme et des rapports entre la guerre et les sociétés, que nous reproduisons en intégralité, dans l’ordre de la mise en page qui ne se confond pas totalement avec l’ordre chronologique.

On y trouvera entre autres une présentation très précoce des principes d’anthropologie que Maurras développera plus tard dans Mes Idées Politiques, et des chroniques plus directement liées à l’actualité avant, pendant et après la Grande Guerre, dans lesquelles on sent monter en puissance la rage de Maurras contre les penseurs pacifistes — quel contraste, il est vrai, entre Jaurès et Briand !

Les pages concernant le revanchisme et le réarmement allemand ont été à ce point confirmées par l’Histoire qu’on a du mal à imaginer qu’elles aient pu être écrites pendant les années 20. Quant à celles où Maurras exécute les démocrates chrétiens, après avoir réglé leur compte aux internationalistes de tous types, c’est à une période encore plus récente qu’elles semblent s’appliquer…

Ceci étant, la réalité de l’initiative en faveur de la candidature de Maurras au Prix Nobel de la Paix, que la préface situerait en 1919, reste pour moi nimbée de mystère. Pourquoi Maurras n’en dit-il pas plus long en 1931 ?

Car c’est plus tard, le 7 mai 1936, que fut effectivement lancé un « Comité Interuniversitaire pour le Prix Nobel de la Paix à Charles Maurras », sous la présidence de Fernand Desonay, Professeur à l’Université de Liège. Parmi les autres fondateurs, des universitaires de Londres, Montréal, Anvers et Wilno (alors en Pologne, aujourd’hui Vilnius). Rapidement ce Comité reçut de nombreuses adhésions ; le 9 octobre 1937, la liste en était publiée par L’Action française, et on y dénombrait quarante Universités de seize pays différents. À titre individuel, derrière la France comptant 33 adhésions, venait la Roumanie avec 23.

Mais peu après ce fut Munich, et l’attribution du Prix Nobel de la Paix fut suspendue pendant un certain temps.

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Un premier autographe

6 décembre 2006

Le roi de France que l’on reconnaît et que l’on acclame n’est pas le roi que l’on choisit. Le roi de France reste le vivant visage de la patrie.
Ch. Maurras.

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