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1931

L’Homme, et non l’homme selon Rousseau

par Philippe le 30 septembre 2009

Robinson Crusoé Quoi qu’on en ait dit, Maurras ne se complut jamais à jouer au sociologue, ni au philo­sophe, ni à l’anthropo­logue. Son œuvre est celle d’un journaliste ; c’est la mise bout à bout de milliers et de milliers d’articles écrits tout au long de sa vie, de 1886 à 1952. Il y eut certes des exceptions : sa poésie bien sûr, quelques contes, des préfaces, une abon­dante corres­pondance, et Le Mont de Saturne qui a la forme d’un roman. Mais jamais il ne put, ou ne voulut, réunir et structurer ses idées, qu’elles soient politiques, sociales, litté­raires ou esthétiques, dans un Essai, voire dans une Somme qui aurait pris valeur de référence. Tous ses ouvrages, même les plus homogènes, même les moins contingents, sont des collections d’articles, parfois retouchés, mais qui conservent leur marque d’origine et leurs singularités.

Maurras manifesta cependant plusieurs fois l’intention d’aller au delà, et en fit même l’annonce. Mais au bout du compte, il laissa ce soin à d’autres. Il avait développé et souvent plusieurs fois repris, dans des centaines d’articles, tous les éléments nécessaires à ce qui pourrait constituer une volumineuse « Synthèse politique » personnelle, sur le modèle de ce que fit Auguste Comte, ou de ce que faisait son contemporain Henri Bergson. Il sentait certainement que la réalisation d’une telle Synthèse était aussi nécessaire qu’elle était réclamée par ses amis, et il se résolut, après avoir passé la soixantaine, à en confier la réalisation à l’une de ses collaboratrices : madame Jules Stefani, née Rachel Legras, alias Pierre Chardon.

Mme Stéfani se mit à l’ouvrage, rassemblant et classant tout ce que Maurras avait composé jusqu’en 1930. Cela donna naissance, d’abord aux vingt volumes du Dictionnaire politique et critique, puis, en 1937, à Mes idées politiques. Si le monumental Dictionnaire est organisé selon l’ordre alphabétique, Mes idées politiques se veut une construction logique, partant de fondements anthropologiques et sociologiques pour aboutir, par degrés successifs, à la démonstration de la supériorité du régime monarchique. Amitié, Ordre et Beauté y deviennent des notions intermédiaires, quintessence des aspirations de l’Homme à être pleinement soi-même, puis rendant nécessaires à leur tour une organisation politique qui les favorise et les pérennise.

Maurras dut être satisfait de cette architecture ; non seulement il signa et revendiqua Mes idées politiques, mais seul son nom y apparaît. Et ce fut un grand succès de librairie. Ce qui est moins connu, c’est que les droits d’auteur étaient intégralement versés à Rachel Stefani – et qu’il en resta ainsi après leur brouille survenue en 1938.

Quelques années plus tard, Melle Jacqueline Gibert obtiendra des résultats beaucoup moins probants avec Sans la muraille des cyprès, dont le cahier des charges était d’actualiser Mes idées politiques après la défaite de 1940 et de les résumer en format poche. Maurras désavoua l’ouvrage et il n’y eut plus d’autre tentative.

Mais revenons à l’anthropologie. Le célèbre texte maurrassien posant les principes de la vie de l’homme en société, où il est question de Hobbes (l’homme est un loup pour l’homme) puis de Robinson rencontrant Vendredi (l’homme devient un Dieu pour l’homme), enfin du dépassement de cet antagonisme, a toutes les allures d’un premier étage des fondations de la synthèse politique qui va suivre dans Mes idées politiques. Tout laisse penser qu’il a été écrit à cet effet, en 1937, d’autant que rien ne vient démentir cette impression. Son auteur semble revenir sur de longues recherches qu’il résume brillamment.

En fait, ce texte avait été publié sous le titre « Amis ou Ennemis », dans la Gazette de France, le 23 septembre 1901, et n’a subi aucune retouche depuis. Il n’avait aucunement été conçu pour introduire une Somme complète de réflexions politiques allant de la base au sommet. Pierre Chardon l’a trouvé et lui a donné ce statut, trente ans après sa première publication. Et depuis, il se porte fort bien dans son nouveau rôle.

Il prend son nouveau titre L’Homme dans un petit livre d’art, Principes, qui paraît en 1931.

Principes est en quelque sorte un précurseur de Mes idées politiques. Il contient quatre textes, non référencés, sans préface ni explications. Les deux premiers deviendront les piliers de Mes idées politiques, puis du tome II des Œuvres capitales. Et tout cela grâce à Rachel Stefani…

Libre à qui veut, aujourd’hui, d’affirmer que la pensée politique de Charles Maurras repose sur une réflexion anthropologique fondamentale qui lui sert de soubassement. Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas tout à fait vrai non plus.

Il reste que Amis ou ennemis, devenu ensuite L’Homme, est une magistrale réfutation, en quelques pages, de toute la construction fantasmatique de Rousseau. Et ne serait-ce que pour cela, ce texte vaut d’être porté à la connaissance du monde entier !

Servitudes et grandeurs de la Critique

par Philippe le 20 avril 2009

Maurras - Prologue d'un essai sur la critique Pendant ses premières années d’écriture, les articles que le jeune Charles Maurras publiait dans diverses revues avaient pour première fonction de lui assurer ses fins de mois. Les sujets en étaient variés, mais l’actualité littéraire y tenait naturellement la première place, car telle était la demande des lecteurs et des abonnés.

La fin du dix-neuvième siècle marqua en effet l’apogée fugace de l’écrit, du livre et du journal, du théâtre et à la poésie. L’espace aujourd’hui occupé par le cinéma et la télévision, l’image et l’écran, l’enregis­trement et la communi­cation, demeurait alors propriété sans partage de la littérature. La critique avait de ce fait une position centrale, majeure, et Maurras y acquit rapidement ses galons.

Si bien qu’en 1896, à l’âge de 28 ans, il a assez d’expérience pour rédiger une théorie de la critique. Ce sera fait en une nuit, comme il le racontera beaucoup plus tard. Il lui donne un tour modeste, l’intitulant Prologue d’un essai sur la critique, laissant entendre qu’il ne s’agit que d’un prélude à de plus longs développements, à une Somme qu’on imagine monumentale.

Mais cette Somme, cet Essai ne viendra jamais. Maurras avait fait le tour de la question, et il ne jugea pas nécessaire d’aller au delà de ce Prologue, dont le texte se suffit à lui-même et n’appelle pas de longs développements qui en émousseraient le tranchant. Il a cependant des allures d’inachevé, le huitième et dernier chapitre consacré aux Destinations de la critique se contentant de quelques « fragments », qu’on imagine griffonés au petit matin avant l’heure limite de remise du manuscrit.

Publié dans la Revue encyclopédique Larousse, le Prologue ne reparaîtra que 31 ans plus tard, dans la Revue universelle de Jacques Bainville, puis, comme de nombreux articles de jeunesse de Maurras, sous forme d’édition au tirage limité. Ce sera en 1932, avec une couverture ornée d’un curieux dessin géométrique. Promu alors au rang de texte maurrassien majeur, il sera repris dans les Œuvres capitales puis, à titre posthume, en tête de Critique et Poésie.

La présentation analytique du Prologue annonce quelque peu L’Avenir de l’intelligence, qui suivra six ans plus tard, mais on en retiendra surtout la théorie que Maurras fait du goût, puis du style, pour lequel il se place en continuateur du discours prononcé 143 ans plus tôt par Buffon devant l’Académie française.

Signalons l’article Maurras critique d’Antoine Compagnon, mais qui n’est hélas disponible sur Cairn.info qu’en version payante.

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Tolstoï, l’illuminé devenu anthropophage

par Philippe le 2 février 2008

Portrait de Ch. Maurras dans son ouvrage l'Anthropophage

Cet Anthropophage est un conte sur le romancier russe Tolstoï.

Dès 1896, donc après la publication du Chemin de Paradis, Maurras écrit un conte sur Léon Tolstoï. C’est une attaque en règle contre l’humanitaire et la sensiblerie professés par le vieux gourou russe, dont Maurras peut constater et déplorer l’influence sur une grande partie des milieux littéraires français ; le pacifisme de Tolstoï agit en effet chez les dreyfusards comme un encouragement à la surenchère anti-nationale. Mais le conte n’est pas publié.

Cinq ans plus tard, le premier prix Nobel de littérature échappe à Léon Tolstoï, qui se voit préféré le poète français Sully Prudhomme, peu apprécié par la Revue blanche, organe de l’intelligentsia tolstoïenne et dreyfusienne.

En 1908, dans un article de L’Action française consacré à l’anti-militarisme, Maurras fait brièvement allusion au conte composé douze ans plus tôt. Deux ans après, Tolstoï meurt dans des conditions restées assez mystérieuses.

Et ce n’est qu’en 1931 que Maurras, retrouvant ses notes de 1896, les refond et les publie sous le titre L’Anthropophage. Il s’amuse à expliquer que, doté d’un sens aigu de la prémonition, il avait prévu avec quatorze ans d’avance les vraies raisons de la mort de l’écrivain ; ces jeux du retour sur le temps reviendront plus tard sous sa plume dans divers textes, notamment dans Le Mont de Saturne.

L’Anthropophage se donne un petit air de mystère, vite estompé : Tolstoï n’y est jamais nommé. Mais le « Comte T… » en a tous les attributs : le rang, les prénoms, la maison d’Iasnaïa. À un moment, surgit dans le récit allégorique cet autre histrion dans la philosophie que fut Marcellin Berthelot, lui aussi sous un nom à peine contrefait.

L’Anthropophage ne fut publié qu’en livre d’art sous emboîtage, tiré à un peu plus de mille exemplaires. Il est orné d’un portrait de Maurras gravé par Édouard Chimot, contient sur deux pages un fac-similé du manuscrit du début de la préface, et huit illustrations.

L'Anthropophage, Charles Maurras Autographe Maurras fac simile L'Anthropophage 1 Autographe Maurras fac simile L'Anthropophage 2 Achevé d'imprimer calligramme Maurras l'Anthropophage

Pour comprendre ce qu’était l’influence de Tolstoï au temps où Maurras écrivait la première version (inconnue de nous) de son conte, voici ce qu’en écrivait Léon Daudet dans ses Souvenirs Littéraires publiés en 1925. Tolstoï y est abordé entre Wagner et Ibsen ; le commentaire, aujourd’hui impubliable mais que nous reprenons en intégralité, se termine par une évocation de la mort de Tolstoï, écrite bien avant que l’auteur ait pu prendre connaissance du texte de L’Anthropophage.

La période de l’Entre-deux-guerres, qui va de 1885 à 1898 environ, marque en littérature comme en musique un obscurcissement singulier de l’esprit français. Les plus éclairés parmi nos compatriotes se cherchent et ne se trouvent point. Une vogue excessive, dans laquelle il entre plus de snobisme que de discernement, va à quelques étrangers représentatifs ou considérés comme tels (…)

Tourgueniev, homme envieux, perfide et qui possédait de nombreuses relations en France, avait fait tous ses efforts pour tenir sous le boisseau son ancien ami et concurrent heureux Léon Tolstoï. Mon père, néanmoins, lut Guerre et Paix qu’on venait de traduire dans notre langue, et en fut enthousiasmé. Il parlait de ces trois volumes à tous ses amis. Il ne cessait de les citer. Il en savait des passages par cœur. Vers le même temps, Melchior de Voguë publiait ses études sur le roman russe. Cette admiration pour le grand écrivain et observateur de Guerre et Paix et d’Anna Karénine rencontra la vague anarchique, pacifiste et révolutionnaire qui s’attachait au genre de vie rustique, paradoxal et falot de l’apôtre d’Yasnaïa Poliana. La sottise humanitaire, conséquence de notre humiliation et du traité désastreux de Francfort, se mit sur Tolstoï, adopta, prôna, encensa démesurément, et pour tout le côté caduc et désuet de son œuvre, le grand vieillard aux yeux d’eau et de rêve. L’ancien levain des Misérables et les attardés du romantisme fermentèrent de nouveau avec Résurrection. Les pessimistes formés à l’école de la métaphysique allemande, d’Hartmann et de Schopenhauer, se ruèrent sur La Puissance des Ténèbres. Le troupeau absurde des démocrates chrétiens, en quête d’une hérésie nouvelle qui devait être, vingt ans plus tard, le modernisme, se mit à pousser, autour du faux évangéliste, des bêlements de joie.

Dans le monde des gens de lettres, des professeurs d’université, des politiciens, des magistrats, des journalistes et des oisifs, ce fut à qui réhabiliterait la prostituée, le souteneur, la proxénète et le malandrin. Ce fut, pour employer le jargon de l’époque, à qui se pencherait sur les enfers de la société, en extrairait et en chérirait les plus sordides et les plus flasques échantillons. Le bagnard prit une auréole. Les déclassés des deux sexes devinrent des sujets d’attendrissement, des dessus de pendules moscovites. Il n’y eut plus de franches canailles, mais de pauvres gens, précocement dévoyés et que de bonnes paroles, des conférences appropriées, auraient tôt fait de remettre dans le droit chemin. Maurice Pujo, dans sa belle pièce satirique Les Nuées, a fait un véridique tableau de ces aberrations d’après ses souvenirs de l’Union pour l’Action Morale. Il y eut là, en effet, pendant plusieurs années, une source jaillissante de comique. Le gobe-mouches Henri Bauer, invraisemblable primaire à tête de Dumas père, qui pontifiait à l’Écho de Paris de Valentin Simond, alignait des colonnes de prêche laïque sur la non-résistance au mal par la violence, qu’il interrompait soudainement pour éreinter une pauvre vieille actrice du nom de Léonide Leblanc.

De cette non-résistance au mal, il n’était pas un banquier, pas un pilleur d’épaves, pas un déchet de tripot, pas un usurier de Paris, qui ne parlât avec les larmes aux yeux. Les frères Natanson, Alexandre et Thadée (il fallait entendre Forain prononcer, en accentuant le T, ce prénom de Thadée !), étaient directeurs d’une Revue blanche où ces insanités faisaient florès. Thadée avait une barbe noire, un masque empâté de sémite gras. Alexandre avait les yeux blancs d’un lapin albinos, le poil sec d’un Hébreu employé de banque. Ils s’étaient adjoints :

– un phénomène anarchiste à tête de Yankee de caricature, du nom de Félix Fénéon ;

– Lucien Mühlfeld ;

– un sémite jouant les jolis garçons avec un chapeau mou à l’artiste et un tout petit nez droit dans une physionomie trop régulière (cette sous-variété est horrible) appelé Léon Blum ;

– l’absurde logicien Rémy de Gourmont et quelques autres symbologhettos.

Tout ce monde-là pontifiait, dogmatisait, tolstoïsait, s’apitoyait, Ysnaïait-Polianait en cadence, déclarait qu’on ne verrait plus jamais, jamais la guerre, qu’il était absolument inutile de s’y préparer, que l’on se foutait de l’Alsace-Lorraine, qu’elle ne valait pas le petit doigt de pied, que les militaires étaient les plus bêtes des hommes, que la patrie était un mythe et un mythe odieux, etc., etc. Il y aurait un choix effarant à faire de ces insanités, qui s’abritaient sous la grande renommée du bonhomme Tolstoï. Le pauvre vieux fou, par ses disciples, aura certainement contribué à notre manque de préparation à la guerre. Méfions-nous du millionnaire et aristocrate en sabots, qui retape sa blouse et son pantalon lui-même. Méfions-nous des loups ravisseurs qui viennent vêtus de peaux de brebis, dit le véritable Évangile.

Périodiquement, afin de réchauffer le zèle des prosélytes, un enfant de chœur du tolstoïsme faisait le voyage d’Yasnaïa et rapportait, au retour, ses impressions et celles du maître. Léon Nicolaïevitch semblait avoir gardé toute sa géniale ironie pour ses œuvres, tant ses appréciations sur la littérature française étaient absurdes et enfantines. Je ne me rappelle pas le détail. Mais, sollicité par son interlocuteur, il ne manquait pas d’attribuer une grande importance, dans le mouvement des esprits contemporains, à Rémy de Gourmont, à Léon Blum et aux frères Natanson. Ensuite il recommandait de boire de l’eau, de ne pas fumer, de s’abstenir de viande rouge, de faire comme les frères Doukhobors et de refuser le service militaire. Henri Bernstein, dramaturge selon l’éthique de la revue des Natansons, a suivi ce conseil, mais ça ne lui a pas trop bien réussi.

Léon Tolstoï, personnage amer et tragique, que de fois j’ai songé à toi, à ce mélange de sublimité et de sottise qui fit ta profonde originalité, et à ta funeste influence ! Ô fils métaphysique de Rousseau, bien plus noble certes que ton père, comment alliais-tu la perspicacité la plus aiguë quant aux hommes, et le plus noir aveuglement quant aux idées ? Comment te retrouvais-tu toi-même, lorsque tu te cherchais âprement, ô solitaire ? C’est surtout ta fin qui me hante, ta fin errante et désespérée, où tu fus poursuivi, j’en suis sûr, par tous tes fantômes contradictoires, ta propre pitié muée en colère et ton humilité muée en orgueil.

La Revue blanche a existé de 1889 à 1903. Alexandre Natanson en assura la direction entre 1891 et 1902.

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Décernez-moi le prix Nobel de la paix

par Philippe le 7 avril 2007

Décernez-moi le prix Nobel de la paix. Tel est bien le titre du second volume d’une série de trois, publiés en 1931 par les éditions du Capitole.

Ce sont trois petits livres à tirage limité (1500 exemplaires), sur grand papier. Si le premier (Sur la Cendre de nos Foyers) et le troisième (Les Lumières de la Patrie) ont été composés pour la circonstance, celui-ci est une sélection d’articles parus entre 1904 et 1928, tous sur le thème de la Paix, du pacifisme et des rapports entre la guerre et les sociétés, que nous reproduisons en intégralité, dans l’ordre de la mise en page qui ne se confond pas totalement avec l’ordre chronologique.

On y trouvera entre autres une présentation très précoce des principes d’anthropologie que Maurras développera plus tard dans Mes Idées Politiques, et des chroniques plus directement liées à l’actualité avant, pendant et après la Grande Guerre, dans lesquelles on sent monter en puissance la rage de Maurras contre les penseurs pacifistes — quel contraste, il est vrai, entre Jaurès et Briand !

Les pages concernant le revanchisme et le réarmement allemand ont été à ce point confirmées par l’Histoire qu’on a du mal à imaginer qu’elles aient pu être écrites pendant les années 20. Quant à celles où Maurras exécute les démocrates chrétiens, après avoir réglé leur compte aux internationalistes de tous types, c’est à une période encore plus récente qu’elles semblent s’appliquer…

Ceci étant, la réalité de l’initiative en faveur de la candidature de Maurras au Prix Nobel de la Paix, que la préface situerait en 1919, reste pour moi nimbée de mystère. Pourquoi Maurras n’en dit-il pas plus long en 1931 ?

Car c’est plus tard, le 7 mai 1936, que fut effectivement lancé un « Comité Interuniversitaire pour le Prix Nobel de la Paix à Charles Maurras », sous la présidence de Fernand Desonay, Professeur à l’Université de Liège. Parmi les autres fondateurs, des universitaires de Londres, Montréal, Anvers et Wilno (alors en Pologne, aujourd’hui Vilnius). Rapidement ce Comité reçut de nombreuses adhésions ; le 9 octobre 1937, la liste en était publiée par L’Action française, et on y dénombrait quarante Universités de seize pays différents. À titre individuel, derrière la France comptant 33 adhésions, venait la Roumanie avec 23.

Mais peu après ce fut Munich, et l’attribution du Prix Nobel de la Paix fut suspendue pendant un certain temps.

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