par Nicolas le 26 février 2010
Monseigneur Andrieu, le cardinal archevêque de Bordeaux, n’a pas le beau rôle dans ces deux articles de janvier 1927 que nous vous proposons. Mais ce rôle il l’avait choisi lui-même : le partisan sinon enthousiaste du moins chaleureux de l’Action française qu’il était quelques années auparavant était devenu l’exécuteur des basses œuvres de Pie XI, pape colérique qui se doublait d’un politique brouillon. Il fallait au pape un cardinal capable de remettre l’Église de France, plus tentée par l’Action française que par le fade Parti démocrate populaire, au pas de sa politique romaine, laquelle s’arrangeait de mieux en mieux de la république anticléricale et de Briand ? Et en faisant alliance avec les débris du Sillon condamnés par Pie X quelques années plus tôt ? ce serait le cardinal Andrieu ! Il ouvrit les hostilités publiques avec une lettre parue dans L’Aquitaine le 25 août 1926.
Que contenait cette lettre à laquelle Maurras va plusieurs fois faire allusion ? un salmigondis de reproches, de vieilles rancunes datant des années de la polémique contre Sangnier et de ses suites, tissu d’accusations falsifiées qui sont dignes de celles que Maurras avait déjà eu peine à reprendre dans L’Action française et la Religion catholique tant elles étaient absurdes ou le produit de textes tronqués avec malveillance, le même genre d’accusations qu’avaient déjà servies ad nauseam dans leur innombrables brochures et articles les Laberthonnière, les Lugan et les Jules Pierre, calotins médiocres pour certains et à l’honnêteté intellectuelle douteuse pour les autres.
Le vrai scandale de Maurras est sans doute là : qu’un prélat qui lui avait prodigué des encouragements se trouve contraint à changer ses vues politiques sur les instances romaines, il aurait sans doute pu le comprendre et remonter de la conséquence bordelaise à la cause vaticane sans en vouloir autrement au cardinal Andrieu. Mais que ce prélat qu’il sait intelligent et fin accrédite en les reproduisant servilement les calomnies les plus basses et les plus éculées, déjà réfutées cent fois ?
Aussi quand la condamnation tombe officiellement le 29 décembre 1926, Maurras ne réagit qu’un peu à retardement et ses deux premiers articles des 5 et 7 janvier suivants sont pour le cardinal Andrieu.
Le premier est impeccable. Empli jusqu’à la gueule des majuscules innombrables qui désignent le prélat en parlant de Lui et de Sa bonté ou de Sa bienveillance, se bornant volontairement à donner les éléments qui motivèrent quelques mois plus tôt l’incompréhension de Maurras devant la charge initiale du cardinal, il l’en exécute d’autant mieux qu’il Lui prodigue les marques d’un respect qui tourne par son redoublement même à l’ironie féroce, ironie soulignée par le lapidaire des dernières lignes. Ce que peint Maurras ce n’est plus un pasteur, mais un Prince de l’Église muré dans sa grandeur de convention, maçonné dans un hiératisme tel que ses mots en deviennent incompréhensibles et lointains. Peut-être le cardinal Andrieu était-il en privé un homme volubile et sympathique ; la flèche pourtant atteint son but : cette statue énigmatique d’où toute sincérité vitale semble enfuie traduit bien la rigidité nouvelle d’un Andrieu qui ne répond plus à ses sentiments propres, mais aux mobiles d’une Église d’appareil qui dans son alliance avec l’abhorré Briand n’a plus que les apparences et les extérieurs de « l’Église de l’ordre ». Lui doit-on alors plus que les apparences les plus extérieures du respect, en soulignant leur vacuité par leur accumulation même ?
Le deuxième article est à la fois plus clair et plus cruel : il dévoile que le texte signé par le cardinal a une source, source belge, source absurde aussi piètre que les vieux libelles anti-maurrassiens de l’abbé Pierre. L’explication une fois trouvée textes à l’appui — elle l’était depuis plusieurs mois, et les deux articles de Maurras sont là pour marquer après coup cette gradation — il ne reste même plus l’illusion ironique du prélat hiératique dont les augustes lèvres laissent tomber une sentence devenue incompréhensible : pour reproduire de si pauvres arguments, simplement faux dans leur plus grande partie et truqués pour le reste, le cardinal Andrieu est ou de mauvaise foi ou stupide. Certes Maurras qui doit ménager dans la forme ses lecteurs catholiques ne le formule pas aussi abruptement, mais c’est bien le sens de ce cardinal dont « la religion » a été « surprise » par le pauvre texte de l’avocat bruxellois.
Les deux articles seront reproduits dans L’Action française et le Vatican, au premier chapitre : sans une atténuation.
par Nicolas le 15 décembre 2009
D’autres que nous ont présenté et fait circuler le texte de Maurras qui, dans L’Action française du 13 juillet 1926, s’inquiète de la construction de la Mosquée de Paris, y voyant quant à l’influence de l’Islam en France un signe funeste pour l’avenir. Il n’est pas besoin de souligner à quel point cet article paraît aujourd’hui prophétique, alors que des mosquées s’édifient un peu partout en France, leurs coupoles et leurs minarets récemment décrits par le premier ministre turc comme « nos casques et nos baïonnettes ». Confronté à l’actualité, le texte parle de lui-même.
Ce texte sur la mosquée n’est pourtant que le deuxième point de l’article quotidien de Maurras, « La Politique » de ce 13 juillet.
S’il en est sans doute le point le plus intéressant, le reste du texte mérite aussi l’attention. D’abord par les méthodes de presse évoquées par Maurras : la puissance de l’agence Havas, l’ignorance volontairement entretenue par les journaux de Paris de ce qui se passe en province, ou encore la nécessité pour l’Action française de rendre compte de la visite en France de Primo de Rivera, dont on devine à demi-mots qu’elle fut présentée par les journaux gouvernementaux de manière tendancieuse. Face à tout cela, l’Action française est pensée par ceux qui la font comme un instrument de combat, de redressement : d’où les multiples intérêts de Maurras, qui se trouve contraint de brasser divers sujets d’actualité dans son article quotidien, véritable éditorial, sans pour autant négliger des réflexions plus vastes et la nécessaire galvanisation des troupes, parfois un peu excessive : la réunion de Nîmes n’eut pas l’incalculable portée qui lui était ici prophétisée. Et le tout sans négliger les appels aux dons : L’Action française, malgré ses tirages importants, manqua la plupart du temps d’argent. En considérant tant de matières, d’informations, de préoccupations, on comprend mieux l’article rituellement remis en retard, et aussi le caractère si prenant de sa tâche journalière, que Maurras évoquait par exemple dans sa préface à La Musique intérieure, en 1925.
Un autre point est d’autant plus intéressant qu’il permet de revenir sans l’avoir cherché sur notre article « Maurras privatiserait-il la Poste ? », article qui avait surpris certains lecteurs. Eh bien pour les sceptiques et les défenseurs acharnés du « service public » tel qu’on l’entend invoquer de nos jours, Maurras réaffirme ici en 1926 comme dans l’Almanach de 1922 la nécessité de démanteler les monopoles d’État, de les affermer, appelant même à une grande campagne d’affichage pour promouvoir ces mesures. Bien plus il écrit :
Car aucun des journaux soutenus par la haute industrie et le haut commerce ne fait de propagande à cet affermage des monopoles qui, seul, sauverait les classes moyennes, qui, seul, sauverait la France et le Franc… Ce silence est bien remarquable. Il montre quels intérêts particuliers sont défendus sous le vocable de l’intérêt général. Nous sommes seuls avec La Croix pour agir en ce sens.
Or une citation de La Croix est effectivement reprise bien en évidence en haut à droite de ce même numéro de L’Action française, citation sans ambiguité :
NI EMPRUNTS ! NI IMPÔTS : LES MONOPOLES !
« Il ne faut demander les ressources dont l’État a besoin immédiatement, ni à l’inflation, ni à l’emprunt, ni même à l’impôt qui nous paralyse déjà, mais à la liquidation de tous les bien d’État qui ne sont pas indispensables à son fonctionnement, mainmorte de l’État, monopoles d’État. »
Jean Guiraud, dans La Croix.
Il nous faudrait décidément un travail universitaire documenté sur les conceptions économiques de Maurras et de l’Action française, travail qui ne se limiterait pas à la vulgate mais recenserait les positions et les propositions, évaluerait leur fréquence en les catégorisant et en les datant, permettant ainsi d’y voir plus clair. En effet les citations paraissent abondantes qui ont manifestement été écartées des habituels résumés de la pensée du « Maître » pour dessiner une idée économique presque exclusivement étatiste et corporatiste, ou du moins fortement teintée d’un interventionnisme qui, lorsqu’il est seul invoqué et seul retenu, paraît bien difficile à concilier avec certains textes. Or, c’est tout le sens de notre démarche, les textes de Maurras doivent l’emporter sur les résumés et les sélections, les résumés seraient-ils écrits par les gardiens du temple les mieux autorisés et les sélections animées des plus pieuses intentions !
par Nicolas le 22 septembre 2009
Le dimanche 11 mai 1924, la Chambre Bleu horizon issue de la guerre fut renversée par une coalition des gauches.
Pie XI dit alors au cardinal Billot :
« Vos Français ont bien mal voté !
— Très Saint Père, c’est la faute de votre nonce.
— Mon nonce, s’écria le Pape en frappant la table du poing, le nonce fait ma politique ! Ma politique ! »
Le nonce, effectivement, ne faisait qu’appliquer les instructions romaines, morigénant les évêques et leur enjoignant de ne plus soutenir exclusivement les candidats hostiles aux lois laïques et aux persécutions qui les avaient accompagnées avant-guerre.
Cette politique c’était la politique d’entente avec Briand, et cette colère de Pie XI, pape désastreux à bien des égards, était le premier acte d’un processus qui, rompant avec la politique de son prédecesseur saint Pie X, allait mener à la condamnation de l’Action française par Rome en 1926-27.
Quelles forces politiques relevaient donc la tête pour servir cette politique que l’on a pu taxer de « second ralliement » ?
Celles-là mêmes combattues par Maurras dès avant la guerre au cours de sa longue polémique avec Marc Sangnier : la démocratie-chrétienne naissante, dans sa variante qu’était le Sillon, que l’on décrirait aujourd’hui comme un mouvement de « chrétiens de gauche ».
La polémique avait été résumée par Maurras dès 1906 dans Le Dilemme de Marc Sangnier, qui forme la première partie de La Démocratie religieuse en 1921. Polémique longue, faite de lettres croisées, textes échangés dans divers journaux et se répondant parfois à des mois d’écart : on comprend que Maurras soit revenu dessus pour en faire un volume accessible. Le ton est au début fort courtois, il se dégrade sur la fin : laissons le lecteur juge des mérites de l’un et l’autre disputeurs.
Cette polémique revêt une importance particulière : c’est elle qui fixe et permet d’approfondir les positions religieuses de l’Action française et de Maurras à une époque où les passions religieuses et anticléricales sont l’un des thèmes majeurs de la vie politique. Elle aboutit à ce qui paraît une victoire des thèses de l’Action française sinon de ses membres quand le Sillon est condamné par Pie X en 1910. Maurras ne s’y trompe pas, qui annexe la condamnation citée in extenso à son Dilemme de Marc Sangnier tel que revu en 1921.
La démocratie-chrétienne naissante ne désarmera pas facilement, même le Sillon une fois condamné : elle conserve des partisans presque mystiques, des publicistes, des parlementaires, des prêtres et des évêques. Et la contre-attaque se fera en grande partie contre l’Action française sous la forme de polémiques incessamment entretenues.
Les unes sont sérieuses, elles touchent la pensée proprement politique du mouvement et de Charles Maurras sur les points où elle rencontre la religion : on peut dire, à grands traits, que c’est à ces objections, polémiques et exigences de précision que répond la volumineuse Politique religieuse de 1912, qui est reprise pour former la deuxième partie de La Démocratie religieuse. Là encore il s’agit d’un volume largement fait d’articles signés par Maurras dans plusieurs journaux ou revues et repris pour être refondus en un volume cohérent. On peut dire qu’avec les deux premières parties de cette Démocratie religieuse, dès avant guerre, l’essentiel des positions de l’Action française regardant la religion sont fixées, et avec elles les grandes lignes qui fourniront les motifs — du moins les motifs avouables — à la condamnation de l’Action française par Rome en 1926-1927. Levée en 1939, elle s’articulait précisément autour des rapports entre politique et religion.
Les autres critiques sont presque grotesques. C’est la figure irritante de l’abbé Jules Pierre, maigre polémiste brouillon et d’assez mauvaise foi, qui les domine comme exemplaire. Il faut aussi citer les noms de Lugan et Laberthonnière. Trop longtemps sans doute, Maurras a négligé de répondre à ces libelles injurieux, à ces accusations sans fondement soutenues par des textes tronqués quand ils ne sont pas falsifiés. Accusations de nietzschéisme, de néo-paganisme, d’appartenance à ce qu’on n’appelait pas encore la « culture de mort », ou simple dénégation de tout droit pour Maurras à parler de la religion catholique ou de l’Église puisqu’il dit encore à l’époque ne pas y appartenir et se décrit ou se laisse décrire comme agnostique. Répondre à ces polémiques qui n’auraient besoin que d’un peu de bon sens et d’honnêteté pour être dissipées a finalement été indispensable devant leur multiplication et leur reprise. Pour l’essentiel ce sont ces réponses que reprend à son tour L’Action française et la Religion catholique, ouvrage de 1914 qui forme la troisième partie de notre Démocratie religieuse de 1921. Maurras a-t-il mesuré dès avant-guerre le poids que pourraient prendre ces calomnies sans cesse réitérées malgré leur absurdité et leur manque de simple vérité factuelle ? Ou n’a-t-il fini par répondre et ramasser l’essentiel de ces réponses en un seul livre que sur les instances de ses amis scandalisés par les accusations de quelques libellistes qui s’appliquaient à s’entre-hystériser sur le nom de Maurras ? Cela nous vaut en tout cas une galerie de procédés peu reluisants et, ce qui est sans doute plus important, quelques confidences personnelles de Maurras sur son parcours intellectuel et religieux.
par Nicolas le 11 décembre 2008
Le Conseil de Dante, c’est celui de faire en sorte que la France ne se retrouve pas dans les conditions de l’Italie du début du quatorzième siècle : divisée, son indépendance perdue, réduite à déplorer son sort — fût-ce artistement.
Ce Conseil de Dante date de 1913 et était une préface à la traduction de l’Enfer par Louise Espinasse-Mongenet. Il a été publié à part en 1920, à l’occasion du sixième centenaire de la mort de Dante. En 1944, quand il reprend le Conseil dans Poésie et Vérité, Maurras trouve sans doute une douloureuse satisfaction à avoir ainsi prédit « une épreuve que tout prépare ». Sans doute aussi y avait-il repensé en 1929 quand Charles Benoist trouvait à citer sur le même thème, devant l’Institut d’Action française, un autre grand italien : Machiavel.
Le conseil politique arrive cependant bien tard, même s’il donne son titre au texte que nous vous proposons aujourd’hui : il faut attendre le dernier paragraphe pour que le sens politique soit tiré, comme in extremis.
Maurras connaît Dante, il le connaît excellemment. Les innombrables citations qu’il en fait dans quantité de textes divers en témoignent. La citation n’est pas toujours ad litteram, l’italien s’y mêle parfois d’un peu de provençal, après les remarquables progrès de l’érudition dantesque qui ont eu lieu au vingtième siècle on retrouve parfois chez Maurras quelques imprécisions dont la trace serait facile à retrouver chez tel ou tel commentateur du siècle précédent : autant de signes qu’il s’est approprié Dante par une fréquentation continuelle des œuvres et de leurs commentaires.
Aussi le propos de Maurras sur Dante ne saurait être limité à une leçon politique. Ou plus exactement la leçon n’est pas d’emblée politique, elle se construit de longue main. L’accueil de Dante en France a toujours été très ambigu : il n’y est guère connu ni apprécié largement avant les romantiques, mais les romantiques l’apprécient pour des raisons particulières : l’Enfer a leur préférence, par son pittoresque, son horreur réelle ou supposée, et la savante construction dantesque est finalement dénaturée par cette vision. Les sens mêmes de l’adjectif dantesque en français en témoignent.
Maurras s’inscrit dans le courant de réaction contre cette lecture de Dante : il n’est pas question ici d’un pittoresque de l’horreur infernale qui oublierait le Purgatoire et le Paradis : Dante est une totalité, aspire au tout dans l’organisation même des cercles infernaux, et l’intérêt pour cette totalité même contre des visions volontiers partielles au siècle précédent n’est pas anodin. Quand Maurras republie le Conseil en volume séparé, nous sommes en 1920, un autre auteur fasciné par la totalité, par la récapitulation de tout le savoir et sa réinterprétation en une œuvre « presque surhumaine » quitte Trieste pour Paris : c’est Joyce avec Ulysses presque achevé, où du reste les allusions à Dante et à la scolastique sont multiples. On nous pardonnera de le souligner à nouveau mais il faut le répéter tant les clichés un peu simplets ont la vie dure : on est ici loin d’un Maurras passéiste ; certes c’est en homme formé plusieurs décennies auparavant, mais il ne nous apparaît une fois de plus nullement étranger aux mouvements littéraires déterminants de son temps.
Il y a bien d’autres chemins d’accès à ce texte : on ne fera qu’évoquer la scolastique précisément, qui imprégna tant Dante, et à laquelle le temps de Maurras était lui aussi attentif à travers le néo-thomisme : le lecteur trouvera quantité de références à parcourir sur ce thème. La position de Dante, guelfe mais guelfe blanc, pourra aussi évoquer quelque chose à ceux qui sont particulièrement attentifs aux successives positions religieuses de Maurras.
L’amour de Dante pour Béatrice est un autre de ces chemins, qui permet à Maurras d’évoquer à demi-mots et par une rapide citation un autre de ses maîtres en la personne d’Auguste Comte, dont l’œuvre est elle aussi par bien des côtés une somme surhumaine et dont on sait qu’il admirait Dante et qu’il retrouvait souvent des accents italiens pour parler de Clotilde. De Béatrice à Clotilde de Vaux, de l’Église par excellence catholique de Dante à l’ambition d’une religion positiviste, le chemin n’est donc pas entièrement barré par une orthodoxie rigide ou une incompréhension réciproque, mais bien souligné dans une certaine unité à travers les deux figures féminines. Car dans les deux cas le chemin est bien le même :
La sensibilité, sauvée d’elle-même et conduite dans l’ordre, est devenue un principe de perfection.
Et c’est bien là, tel que nous l’avons déjà explicité plusieurs fois le propos de Poésie et Vérité : comment la sensibilité, pour être amenée à la perfection — que représente l’idéal classique, et Dante est une variété de classique —, doit être guidée et non laissée à elle-même. Avant même de se résoudre finalement en une leçon de politique, ce Conseil de Dante est donc, chronologiquement dans le texte et logiquement dans la démarche, une leçon d’esthétique.

Nous vous proposons aujourd’hui un deuxième texte, fort court : en 1926, Louise Espinasse-Mongenet fit paraître un autre ouvrage sur Dante, pour lequel Charles Maurras lui donna en guise de préface un sonnet, dont nous reproduisons le texte mais aussi le fac-simile.


On consultera aussi avec intérêt le texte que Maurice Barrès a consacré au sixième centenaire de la mort de Dante.