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1924

De la critique à l’action

par Philippe le 8 janvier 2010

Barbarie et Poésie - 1925 Après le Prologue d’un essai sur la critique (1896) et La Décadence de M. Ferdinand Brunetière (1899), nous publions aujourd’hui Critique et Action, une préface rédigée en 1924 qui vient en quelque sorte parachever et conclure les réflexions ouvertes dans les deux premiers articles.

Dans ce triptyque assemblé a posteriori, Maurras expose les principes dont doit, selon lui, s’inspirer la critique littéraire pour être à la fois pertinente et utile, tant aux auteurs qu’aux lecteurs et à la société toute entière.

Critique et Action introduit le recueil d’articles Barbarie et Poésie, qui paraît en 1925, alors que Maurras a délaissé son activité de critique depuis une vingtaine d’années. C’est donc d’abord un regard rétrospectif, une mise en perspective et un reclassement d’articles de jeunesse les plus divers, où l’on retrouve le dialogue avec Jacques Bainville Ironie et Poésie.

C’est aussi pour Maurras le lieu de justifier l’arrêt, déjà ancien, de sa production critique : en se consacrant exclusivement à l’action politique, il ne rompt pas avec son combat passé, dit-il, mais le prolonge et lui donne une autre dimension. On sera convaincu par ces arguments, ou pas ; on sait que de nombreux commentateurs ont, à l’époque, vivement regretté que Maurras ait ainsi quitté ses premières amours.

Mais Critique et Action est aussi un rappel et une remise à niveau des thèmes du Prologue, le recul du temps donnant à la condamnation du romantisme et de ses différents avatars un sens à la fois plus global et plus politique. Entre autres, Maurras récuse l’argument générationnel selon lequel on est romantique quand on est jeune et impétueux, puis l’on devient classique à mesure que l’on s’assagit avec l’âge ; non, explique-t-il, on peut être classique avec la fougue de la jeunesse et romantique avec le conformisme de la sénilité !

Sous une forme expurgée, Critique et Action reparaîtra au tome III des Œuvres capitales, en introduction du chapitre Bons et Mauvais Maîtres.

Ronsard, politique et poète

par Philippe le 5 janvier 2009

Maurras aura finalement assez peu écrit sur Ronsard, assez peu en tous cas eu égard à la dimension du Vendômois « Prince de poètes et poète des Princes ». Pourtant bien des analogies peuvent être trouvées entre les deux hommes : la surdité, la célébrité, la fondation d’une École, un même partage de vie entre littérature et action publique… Ajoutons-y une même passion, jamais démentie, pour les femmes, et un même attachement à l’Antiquité gréco-latine.

Ainsi Maurras écrivait-il, le 14 août 1904, dans la Gazette de France :

L’amour du grec, tel que Ronsard l’avait éprouvé, fonde un monde, ou du moins un empire, dans les lettres françaises. La poésie française avant Ronsard est une chose ; après Ronsard, elle en est une autre. Il y a là l’action sensible, glorieuse, évidente, d’une volonté de sculpteur. On voit le ciseau, le marteau, la figure imposée avec son souple et hardi mouvement, fruits certains du génie de l’homme.

Alors, comment se fait-il que Maurras n’ait pas consacré, de son vivant, un livre, au moins une plaquette, ou une simple préface, à Ronsard ? Il faudra attendre le centenaire de sa naissance pour que paraisse dans Critique et Poésie un court chapitre consacré à la Politique de Ronsard.

Critique et Poésie, préparé par Pierre Varillon, est quasiment une reprise posthume de Poésie et Vérité. Quelques textes en sont retirés, quelques autres les remplacent, dont celui sur Ronsard. Il a donc fallu attendre une tierce intervention, seize ans après la mort de Maurras, pour rendre Ronsard visible dans son œuvre critique. Encore cet article, paru dans L’Action française en deux parties, les 24–25 et 27 avril 1943, est-il constitué pour l’essentiel de reprises d’un texte signé d’Henri Longnon, paru vingt ans auparavant dans la Revue universelle sous le titre « Pierre de Ronsard et la Réforme » (tome XV, n°14 daté du 15 octobre 1923).

Là réside, peut-être, l’explication qui nous fait défaut. Nous n’avons retrouvé que peu de renseignements sur Henri Longnon ; il faudrait rechercher, dans les souvenirs, les témoignages… Mais deux choses sont certaines : il était, en son temps, avec Pierre de Nolhac, la référence universitaire incontestée des études ronsardiennes, et il était aussi un ami proche de Maurras et de l’Action française. Ce second fait explique sans doute pourquoi il est occulté aujourd’hui, et qu’aucune bibliographie récente sur Ronsard ne le cite.

Henri Longnon soutint sa thèse sur Ronsard à l’École des Chartes en 1904. Cette thèse fut publiée en 1912 et rééditée chez Slatkine (à Genève) en 1975. Il est également l’auteur d’une édition commentée en quatre volumes des poésies de Ronsard, publiée en 1923 ; enfin on retrouve sa trace en 1950 pour un ouvrage sur Les Déboires de Ronsard à la Cour.

On peut donc imaginer que, pour Maurras, le cas Ronsard était réglé ; il laissait à Henri Longnon le soin d’en parler et de l’étudier. De même qu’il ne lui serait pas venu à l’idée d’écrire sur Louis II de Bavière, domaine réservé à Jacques Bainville.

Est-ce satisfaisant ? Est-ce suffisant ? Henri Longnon était également spécialiste de Dante ; or Maurras n’a jamais cessé d’invoquer Dante, tout au long de son œuvre. Il semble en fait qu’au fond, et malgré de vigoureux éloges, Maurras ne parvienne pas à placer Ronsard au tout premier rang des poètes. Il émet des réserves : Nous en avons de plus parfaits et de plus grands… mais sans en préciser le sens ou le motif. Bref, Ronsard ne lui « plaît » pas autant que d’autres. Il va donc moins parler de son œuvre poétique que de son action politique.

Action politique qui, au terrible temps des guerres de religion, s’attache à trouver l’intérêt de la France et la réconciliation des Français ; une situation qui se retrouve en 1943, ce qui conduit Maurras à exhumer un article vieux de vingt ans, pour le reprendre à son compte et exhorter ses lecteurs à retrouver les sources du raisonnement politique de Ronsard. Mais les analogies s’arrêtent là, leur sens tourne court, car la seconde guerre mondiale ne s’est pas achevée comme les guerres de religion, avec l’arrivée pacificatrice d’un Henri IV qu’annonçait le vieux Ronsard et dont pouvait rêver le vieux Maurras…

Nous vous proposons aujourd’hui, d’abord l’article « Ronsard » du Dictionnaire politique et critique (fascicule 22, publié en 1933 ; les extraits concernés datent de 1911, 1924 et 1925), puis un extrait de La Balance intérieure (deux sonnets, composés en 1933 et 1934, et une notice explicative), enfin l’article de Critique et Poésie.

On remarquera à quel point Maurras quitte facilement le « sujet Ronsard » pour parler d’autre chose. Commente-t-il le texte d’Henri Longnon ? C’est pour évoquer, de digression en digression, la fondation de l’Action française. Visite-t-il l’exposition Ronsard ? C’est pour faire l’éloge de deux de ses contemporains, Henri Estienne et Claude Lejeune. Évoque-t-il la découverte des ossements du poète ? C’est pour glisser, par marquise de Maillé interposée, vers Les Baux de Provence. Cette distance, cette indifférence, ne peuvent pas être sans signification !

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Le discours de réception à l’Académie

par Nicolas le 4 octobre 2008

Maurras académicien, photographie de Pierre Ligey

L’Académie française est le seul honneur public qu’ait jamais sollicité Charles Maurras. Il est vrai qu’il n’y a guère d’autre solution que de le solliciter pour l’espérer.

Après un premier échec contre Jonnart en 1924, Maurras avait été élu à l’Académie française le 9 juin 1938 au fauteuil 16, par 20 voix contre 12 à Fernand Gregh ; il fut reçu le 8 juin de l’année suivante par Henry Bordeaux, et prononça le traditionnel discours de réception.

Le texte comporte comme c’est l’usage l’éloge du prédécesseur de Maurras à ce fauteuil 16, Henri-Robert, avocat réputé et historien, qui avait lui même été élu en 1923 contre Maurice Paléologue, lequel ne fut élu qu’en 1928.

Sans doute faut-il remarquer dans ce jeu compliqué que Paléologue, avec qui Maurras entretenait une inimitié réciproque très âpre depuis l’affaire Dreyfus, occupera finalement, lui, le fauteuil 19. Or l’éloge d’Henri-Robert déborde sur celui d’un autre grand avocat et académicien, Olivier Patru… lointain occupant de ce même fauteuil 19. L’exercice n’est donc pas seulement de discours et de courtoisie : faire du lointain Olivier Patru le grand homme du fauteuil 19 quand on s’appelle Maurras, n’est-ce pas aussi dire que Maurice Paléologue est bien négligeable ?

L’impression est encore aggravée par l’évocation du procès de Calas auquel Henri-Robert avait consacré un volume très critique pour la réhabilitation voltairienne. Un procès, une réhabilitation que l’on conteste, dont on dit qu’elle fut obtenue par des artifices et des mensonges : parle-t-on bien de Calas ? l’ombre de Dreyfus, là encore, n’est elle pas embusquée ?

Si l’on y ajoute les multiples allusions à l’Action française, au patriotisme et à la monarchie, ce discours de réception qui se referme sur une citation en langue d’oc paraît au total bien politique tout en gardant la surface polie qui convient à un nouvel académicien.

Rappelons que nous avions déjà eu l’occasion d’évoquer l’épée d’académicien de Charles Maurras et le discours de son successeur, le duc de Lévis-Mirepoix.

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Un poème de 1924

par Nicolas le 22 février 2007

Alternative, poème paru dans Le Divan en 1924. Ce poème a été repris en 1925 dans La Musique intérieure, page 264, dans la partie Les Inscriptions et les Sentences.

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Dédicaces : Cocteau, De Gaulle, Guitry et Valéry

20 décembre 2006

À Charles Maurras, son admirateur respectueux,
Jean Cocteau. Juin 1923.
 

À Charles Maurras.
Respectueux hommage.
24 mars 1924.
C. de Gaulle.
« Les lois désarmées tombent dans le mépris, les armes insoumises aux lois tombent dans l’anarchie. » (Cardinal de Retz)
 

Pour Charles Maurras, que j’admire comme il convient de l’admirer.
Sacha Guitry.
 

à Charles Maurras,
“Nous n’adorons peut-être pas tous les mêmes Dieux ; mais certaine­ment les [...]

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