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	<title>Maurras.net &#187; 1908</title>
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	<description>L'œuvre de Charles Maurras (1868-1952)</description>
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		<title>Réussir le coup de force</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Sep 2010 22:46:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
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		<category><![CDATA[1908]]></category>
		<category><![CDATA[1910]]></category>

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		<description><![CDATA[Les années 1908 à 1910 peuvent, a posteriori, être qualifiées d&#8217;âge d&#8217;or de l&#8217;Action française.
Le mouvement s&#8217;affirme, séduit, recrute, innove, multiplie les actions spectaculaires ; le journal, devenu quotidien, étend son audience ; des intellectuels de renom se rallient ; tous les voyants sont au vert, il n&#8217;y a encore eu ni crises, ni scissions, ni déchirements…
Royalistes de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://maurras.net/wp-content/uploads/2010/09/boulangergeneral002.jpg" rel="lightbox[2085]"><img src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2010/09/boulangergeneral002-202x300.jpg" alt="Le général Boulanger" title="Le général Boulanger" width="202" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-2139 frame" /></a><span class="drop_cap">L</span>es années 1908 à 1910 peuvent, <em>a posteriori</em>, être qualifiées d&#8217;âge d&#8217;or de l&#8217;Action française.</p>
<p>Le mouvement s&#8217;affirme, séduit, recrute, innove, multiplie les actions spectaculaires ; le journal, devenu quotidien, étend son audience ; des intellectuels de renom se rallient ; tous les voyants sont au vert, il n&#8217;y a encore eu ni crises, ni scissions, ni déchirements…</p>
<p>Royalistes de tradition et nouvelles recrues du royalisme se côtoient et se sentent portés par une dynamique de succès et d&#8217;expansion. Appelant de leurs vœux la restauration, laquelle implique mécaniquement la chute de la troisième république, ils sont d&#8217;autant plus portés à imaginer cette échéance, et à la sentir toute proche, que le Prince en exil leur témoigne sa sympathie et semble déterminé à agir. </p>
<p>Comme ce n&#8217;est pas par la voie électorale que l&#8217;on peut venir à bout d&#8217;un régime fondé sur l&#8217;élection, l&#8217;Action française n&#8217;hésite pas à en appeler au coup d&#8217;État, mieux, à se présenter et à se définir comme un mouvement préparant à ciel ouvert ce coup d&#8217;État de salut public. Les matériaux de l&#8217;argumentation sont publiés dans la revue au début de 1908, puis réunis en 1910 dans une brochure qui fera grand bruit : <a href="http://maurras.net/textes/147.html" class="bibli"><em>Si le coup de force est possible</em></a>.</p>
<p>Cette phrase à mi-chemin entre l&#8217;interrogation et l&#8217;affirmation contient toute l&#8217;ambiguïté qui marquera l&#8217;évolution du mouvement dans les trente années qui suivront. L&#8217;Action française restera toujours au milieu du gué, osant, n&#8217;osant pas. Et lorsqu&#8217;en 1925 l&#8217;édition dite définitive de l&#8217;<em>Enquête sur la monarchie</em> reprendra en appendice le texte (inchangé) de <em>Si le coup de force est possible</em>, celui-ci n&#8217;aura plus qu&#8217;une valeur incantatoire. </p>
<p>La brochure de 1910 est signée conjointement par Charles Maurras et Henri Dutrait-Crozon, pseudonyme de Georges Larpent et Frédéric Delebecque, deux officiers polytechniciens auxquels on peut attribuer les éléments les plus techniques du texte.    </p>
<p>Qu&#8217;en penser un siècle plus tard ? Le coup de force était-il réellement possible ? Le sera-t-il un jour ? </p>
<p>En 1908, les plus âgés se souviennent de la Commune, les autres ont connu le boulangisme, et une dernière tentative de coup d&#8217;État, sur un mode plus burlesque, eut lieu à l&#8217;été 1899, aboutissant à l&#8217;exil de Buffet et de Lur-Saluces, ainsi qu&#8217;à la mascarade de « Fort Chabrol ». Puis plus rien, jusqu&#8217;au 6 février 1934… auquel les dirigeants de l&#8217;Action française n&#8217;ont manifestement pas vraiment cru. Et cette pusillanimité devant l&#8217;unique occasion de coup de force qui se soit présentée depuis 1910 provoquera crises et démissions en cascade, et la fameuse accusation « d&#8217;inaction française »… </p>
<p>Et pourtant, les recettes de 1910 finiront par marcher, pratiquement mot pour mot ! Ce fut à Alger, le 13 mai 1958, mais au profit du général de Gaulle. Les répliques du 24 janvier 1960 (la journée des barricades) et du 23 avril 1961 (le putsch des généraux) ne connaîtront pas le même succès. Et depuis, plus rien, sinon le gros monôme étudiant de mai 1968 ; cinquante ans après les soubresauts d&#8217;Alger, le coup de force a disparu du paysage politique, de tout l&#8217;imaginaire politique.</p>
<p>Personne ne semble envisager qu&#8217;il puisse à nouveau s&#8217;en produire un. Ce sont des séquelles d&#8217;un ancien temps de barbarie… que seuls peuvent encore connaître quelques pays lointains, mais certainement plus jamais en Europe. D&#8217;ailleurs, l&#8217;ONU veille, condamne, intervient… non, décidément, le coup d&#8217;État n&#8217;est plus de notre monde où la démocratie avancée a triomphé. C&#8217;est une certitude ! </p>
<p>Qu&#8217;on nous permette de ne pas la partager. Tout peut arriver, car tout est déjà arrivé… et la lecture de <em>Si le coup de force est possible</em> nous fait voir que les objections de bon sens que l&#8217;on ferait fuser aujourd&#8217;hui si on en évoquait l&#8217;éventualité ne sont guère différentes de celles qu&#8217;exposait et réfutait Maurras en 1908.    </p>
<p>Autant que le texte, ce qui l&#8217;encadre mérite attention. En exergue, un hommage aux plus radicaux des anarcho-syndicalistes ; en appendice, un écho du congrès d&#8217;Action française de 1909, où il est proclamé qu&#8217;il ne faut pas perdre son temps à tenter de convaincre les bourgeois conservateurs parce qu&#8217;ils auront toujours peur de bouger, qu&#8217;il faut laisser chez eux les « bons messieurs et bonnes dames », qu&#8217;il ne faut recruter que des « français actifs » prêts à marcher pour prendre le pouvoir par la force… </p>
<p>Au fil des ans, l&#8217;Action française aura quelque peu tourné le dos à ce programme révolutionnaire, pour se laisser enfermer par le conservatisme et l&#8217;immobilisme tant dénoncés aux origines, ce que lui reprocheront bon nombre de ses dissidents. Cependant ce programme ne sera jamais totalement oublié, et il aura contribué à donner espoir, et parfois illusion, à des générations de militants. </p>
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		<title>Répression ou prévention ?</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Aug 2010 19:19:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
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		<category><![CDATA[1908]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors qu&#8217;en mars 1908 L&#8217;Action française quotidienne commence à paraître, l&#8217;affaire Ullmo est toujours bien présente dans les esprits mais un autre scandale, financier celui-là, fait déjà la une des journaux : l&#8217;affaire Rochette.
Sorte de Madoff de l&#8217;époque, Rochette fait s&#8217;évaporer des millions à coups de faux bilans grossièrement truqués, ruinant quantité de particuliers : ni [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://maurras.net/wp-content/uploads/2010/08/une-AF-25-03-1908.png" rel="lightbox[2052]"><img src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2010/08/une-AF-25-03-1908-213x300.png" alt="Une de l&#039;AF 25 mars 1908" title="Une de l&#039;AF 25 mars 1908" width="213" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-2059 frame" /></a><span class="drop_cap">A</span>lors qu&#8217;en mars 1908 <em>L&#8217;Action française</em> quotidienne commence à paraître, <a href="http://maurras.net/textes/47-2.html#note18">l&#8217;affaire Ullmo</a> est toujours bien présente dans les esprits mais un autre scandale, financier celui-là, fait déjà la une des journaux : l&#8217;affaire Rochette.</p>
<p>Sorte de Madoff de l&#8217;époque, Rochette fait s&#8217;évaporer des millions à coups de faux bilans grossièrement truqués, ruinant quantité de particuliers : ni la tutelle bancaire ni le ministère des Finances n&#8217;y trouvent rien à redire avant que l&#8217;affaire ne finisse par éclater, éclaboussant une fois de plus le gouvernement et le parlement de cette troisième République dont Maurras a si souvent dénoncé le caractère ploutocratique. Briand et Clemenceau – qui avait dû à son opportune posture dreyfusienne de sortir du discrédit où l&#8217;avait enfermé le Panama – ne sauvent que de peu le gouvernement du scandale, d&#8217;autant que, curieusement, les petits épargnants se révèlent plus prompts à accuser les politiques que Rochette lui-même, lequel semble bénéficier d&#8217;un certain capital de sympathie chez ceux-mêmes qu&#8217;il a escroqués.</p>
<p><a href="http://maurras.net/wp-content/uploads/2010/08/rochette-NYT-1908.png" rel="lightbox[2052]"><img src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2010/08/rochette-NYT-1908-186x300.png" alt="Rochette dans le New-York-Times - 1908" title="Rochette dans le New York Times - 1908" width="186" height="300" class="alignright size-medium wp-image-2064 frame" /></a>Mais du scandale, dont le numéro de l&#8217;AF du 25 mars 1908 parle amplement, Maurras saute bientôt aux enseignements : c&#8217;est le régime qui est responsable bien plus que son personnel et à la faveur d&#8217;une coïncidence avec une mesure de clémence pour les faillis, il pointe le laxisme des peines, qui, dans tous les domaines, poussent au crime. </p>
<p>Prévention certes – Maurras la voit surtout dans les vertus du corps social –, mais répression assurément. </p>
<p><a href="http://maurras.net/textes/144.html" class="bibli">Dans ce court article qui est le premier à s&#8217;intituler « La Politique »</a> et à être signé par Maurras, on retiendra aussi ce mot expressif : <em>l&#8217;humanitairerie</em>.</p>
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		<title>L&#8217;organe du nationalisme intégral</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Aug 2010 12:33:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
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		<category><![CDATA[1908]]></category>

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		<description><![CDATA[Organe du nationalisme intégral : la formule est en sous-titre de chaque numéro de L&#8217;Action française quotidienne. Elle ne doit rien au hasard. 
« Organe » dépasse la dénomination habi&#173;tuelle et aujourd&#8217;hui un peu vieillie d&#8217;un journal par lequel un courant d&#8217;idées s&#8217;exprime dans le champ de l&#8217;actualité et du débat quotidien : c&#8217;est aussi ce qui a sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://maurras.net/wp-content/uploads/2010/08/Une-AF-21-03-1908.png" rel="lightbox[2041]"><img src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2010/08/Une-AF-21-03-1908-208x300.png" alt="Une du premier numéro de l&#039;AF quotidienne" title="Une du premier numéro de l&#039;AF quotidienne" width="208" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-2045 frame" /></a><em><span class="drop_cap">O</span>rgane du nationalisme intégral</em> : la formule est en sous-titre de chaque numéro de <em>L&#8217;Action française</em> quotidienne. Elle ne doit rien au hasard. </p>
<p>« Organe » dépasse la dénomination habi&shy;tuelle et aujourd&#8217;hui un peu vieillie d&#8217;un journal par lequel un courant d&#8217;idées s&#8217;exprime dans le champ de l&#8217;actualité et du débat quotidien : c&#8217;est aussi ce qui a sa place et sa fonction dans un tout. L&#8217;Action française est alors un mouvement protéiforme qui, déjà et non sans ambiguités ou déséquilibres, prétend s&#8217;adresser aussi bien aux étudiants qu&#8217;aux ouvriers, aux « intellectuels » qu&#8217;aux sympathisants populaires ou à la petite bourgeoisie, aux diverses classes sociales qu&#8217;elle ne nie pas ; elle s&#8217;est donc dotée de cercles divers, d&#8217;une Revue, d&#8217;organisations satellites qui s&#8217;adressent plus particulièrement à telle ou telle partie du public. En cet âge d&#8217;or de la presse, un journal revêt donc une importance particulière pour réunir ces branches — diverses par leur nature, leur public ou leur orientation — en un faisceau qui manifestera l&#8217;unité dont elles procèdent. </p>
<p>Mais cette unité, précisément, quelle est-elle ? Qu&#8217;est-ce au juste que le nationalisme intégral ? On en a souvent fait une sorte de chauvinisme intégriste, de manière d&#8217;autant plus vague qu&#8217;elle permet une condamnation plus facile. Or le terme a un sens précis et le concept a une généalogie, qui ne doivent rien, au début du vingtième siècle, aux querelles qui s&#8217;exacerberont plusieurs décennies après autour de la représentation historique des nationalismes. Encore moins faut-il en chercher le sens au regard de l&#8217;utilisation idéologique faite du nationalisme par la gauche communiste dans la deuxième moitié du vingtième siècle, où le terme devient un repoussoir dont l&#8217;usage relève plus du slogan ou du pavlovisme que du discours proprement politique.</p>
<p><a href="http://maurras.net/textes/142.html" class="bibli">Le 21 mars 1908, le premier article du premier numéro de <em>L&#8217;Action française</em> quotidienne,</a> article co-signé par Maurras et les principales figures du journal, cherche à répondre autant que possible à cette question en présentant le <em>nationalisme intégral</em> dont le journal se réclamera jusqu&#8217;à sa disparition.</p>
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		<title>Réponse à un lecteur de L&#8217;Huma</title>
		<link>http://maurras.net/2010/07/18/reponse-a-un-lecteur-de-lhuma/</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 17:21:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
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		<category><![CDATA[1908]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;Action française quotidienne commence à paraître le 21 mars 1908. Outre le premier article du premier numéro, article collectif traitant du nationalisme intégral et co-signé par ceux qui seront les principales figures du journal, Maurras signe le 22 une revue de presse sous son pseudonyme bien connu de Criton. Même chose le lendemain 23. Nous numériserons [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://maurras.net/wp-content/uploads/2010/07/Une-AF-24-03-1908.png" rel="lightbox[1992]"><img src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2010/07/Une-AF-24-03-1908-212x300.png" alt="" title="Une de l&#039;AF du 24 mars 1908" width="212" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-2002 frame" /></a><em><span class="drop_cap">L&#8217;</span>Action française</em> quotidienne commence à paraître le 21 mars 1908. Outre le premier article du premier numéro, article collectif traitant du nationalisme intégral et co-signé par ceux qui seront les principales figures du journal, Maurras signe le 22 une revue de presse sous son pseudonyme bien connu de <em>Criton</em>. Même chose le lendemain 23. Nous numériserons à l&#8217;occasion l&#8217;une ou l&#8217;autre de ces revues de presse pour en donner une idée, sans doute ferons nous de même pour celles qui parlent d&#8217;événements ou d&#8217;écrits plus particulièrement remarquables ou histo&shy;riques, ou encore pour celles qui développent des vues originales,  mais leur masse même, leur caractère souvent très circonstanciel et le fait que parfois la plupart des lignes n&#8217;y sont pas de Maurras lui-même mais des publications dont il fait la revue en diminuent l&#8217;intérêt.</p>
<p>Il faut donc attendre le 24 mars 1908 pour trouver un article signé « Charles Maurras » dans <em>L&#8217;Action française</em> quotidienne, premier d&#8217;une très longue liste.</p>
<p><a href="http://maurras.net/textes/140.html" class="bibli">Il s&#8217;agit, sous le titre « Le Bien de tous »</a>, de la réponse à une lettre, peut-être fictive, qui aurait été envoyée à l&#8217;A. F. dès le 21 mars par un lecteur de <em>L&#8217;Humanité</em> : occasion de dire clairement que la dimension sociale n&#8217;est pas oubliée par la nouvelle publication royaliste, mais qu&#8217;elle ne saurait se suffire à elle-même et que c&#8217;est dans le cadre national et royal que cette préoccupation sociale prend son sens.</p>
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		<title>Tolstoï, l’illuminé devenu anthropophage</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Feb 2008 12:39:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Iconographie]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveautés]]></category>
		<category><![CDATA[1896]]></category>
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		<category><![CDATA[1931]]></category>

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		<description><![CDATA[
Cet Anthropophage est un conte sur le romancier russe  Tolstoï.
Dès 1896, donc après la publication du Chemin de Paradis, Maurras écrit un conte sur Léon Tolstoï.  C&#8217;est une attaque en règle contre l’humanitaire et la sensiblerie professés par le vieux gourou russe, dont Maurras peut constater et déplorer l&#8217;influence sur une grande partie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://maurras.net/wp-content/uploads/2008/02/portrait-maurras-dans-l-anthropophage.jpg" rel="lightbox[176]"><img src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2008/02/portrait-maurras-dans-l-anthropophage-203x300.jpg" alt="Portrait de Ch. Maurras dans son ouvrage l&#039;Anthropophage" title="Portrait de Ch. Maurras dans son ouvrage l&#039;Anthropophage" width="203" height="300" class="alignright size-medium wp-image-531 frame" /></a></p>
<p><span class="drop_cap">C</span>et <em><a href="http://maurras.net/textes/46.html">Anthropophage</a></em> est un conte sur le romancier russe  Tolstoï.</p>
<p>Dès 1896, donc après la publication du <em>Chemin de Paradis</em>, Maurras écrit un conte sur Léon Tolstoï.  C&#8217;est une attaque en règle contre l’humanitaire et la sensiblerie professés par le vieux gourou russe, dont Maurras peut constater et déplorer l&#8217;influence sur une grande partie des milieux littéraires français&nbsp;; le pacifisme de Tolstoï agit en effet chez les dreyfusards comme un encouragement à la surenchère anti-nationale.  Mais le conte n&#8217;est pas publié. </p>
<p>Cinq ans plus tard, le premier prix Nobel de littérature échappe à Léon Tolstoï, qui se voit préféré le poète français Sully Prudhomme, peu apprécié par la <em>Revue blanche</em>, organe de l&#8217;intelligentsia tolstoïenne et dreyfusienne.    </p>
<p>En 1908, dans un article de <em>L&#8217;Action française</em> consacré à l&#8217;anti-militarisme, Maurras fait brièvement allusion au conte composé douze ans plus tôt.  Deux ans après, Tolstoï meurt dans des conditions restées assez mystérieuses.  </p>
<p>Et ce n&#8217;est qu&#8217;en 1931 que Maurras, retrouvant ses notes de 1896, les refond et les publie sous le titre <em><a href="http://maurras.net/textes/46.html">L&#8217;Anthropophage</a></em>.  Il s&#8217;amuse à expliquer que, doté d&#8217;un sens aigu de la prémonition, il avait prévu avec quatorze ans d&#8217;avance les vraies raisons de la mort de l&#8217;écrivain&nbsp;; ces jeux du retour sur le temps reviendront plus tard sous sa plume dans divers textes, notamment dans <em>Le Mont de Saturne</em>.  </p>
<p><em><a href="http://maurras.net/textes/46.html">L&#8217;Anthropophage</a></em> se donne un petit air de mystère, vite estompé&nbsp;: Tolstoï n&#8217;y est jamais nommé.  Mais le «&nbsp;Comte T…&nbsp;» en a tous les attributs&nbsp;: le rang, les prénoms, la maison d’Iasnaïa.  À un moment, surgit dans le récit allégorique cet autre histrion dans la philosophie que fut Marcellin Berthelot, lui aussi sous un nom à peine contrefait.</p>
<p><em>L&#8217;Anthropophage</em> ne fut publié qu&#8217;en livre d&#8217;art sous emboîtage, tiré à un peu plus de mille exemplaires.  Il est orné d&#8217;un portrait de Maurras gravé par Édouard Chimot, contient sur deux pages un fac-similé du manuscrit du début de la préface, et huit illustrations.</p>
<p style="text-align:center;"><a class="imagelink" href="http://maurras.net/wp-content/uploads/2008/02/img020.jpg" title="L'Anthropophage, Charles Maurras" rel="lightbox[176]"><img id="image178" src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2008/02/img020.miniature.jpg" alt="L'Anthropophage, Charles Maurras"></a> <a class="imagelink" href="http://maurras.net/wp-content/uploads/2008/02/img021.jpg" title="Autographe Maurras fac simile L'Anthropophage 1" rel="lightbox[176]"><img id="image179" src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2008/02/img021.miniature.jpg" alt="Autographe Maurras fac simile L'Anthropophage 1"></a> <a class="imagelink" href="http://maurras.net/wp-content/uploads/2008/02/img022.jpg" title="Autographe Maurras fac simile L'Anthropophage 2" rel="lightbox[176]"><img id="image180" src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2008/02/img022.miniature.jpg" alt="Autographe Maurras fac simile L'Anthropophage 2"></a> <a class="imagelink" href="http://maurras.net/wp-content/uploads/2008/02/img031.jpg" title="Achevé d'imprimer calligramme Maurras l'Anthropophage" rel="lightbox[176]"><img id="image181" src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2008/02/img031.miniature.jpg" alt="Achevé d'imprimer calligramme Maurras l'Anthropophage"></a></p>
<p>Pour comprendre ce qu&#8217;était l&#8217;influence de Tolstoï au temps où Maurras écrivait la première version (inconnue de nous) de son conte, voici ce qu’en écrivait Léon Daudet dans ses <em>Souvenirs Littéraires</em> publiés en 1925.  Tolstoï y est abordé entre Wagner et Ibsen&nbsp;; le commentaire, aujourd&#8217;hui impubliable mais que nous reprenons en intégralité, se termine par une évocation de la mort de Tolstoï, écrite bien avant que l&#8217;auteur ait pu prendre connaissance du texte de <em>L’Anthropophage</em>. </p>
<blockquote><p>La période de l&#8217;Entre-deux-guerres, qui va de 1885 à 1898 environ, marque en littérature comme en musique un obscurcissement singulier de l&#8217;esprit français.  Les plus éclairés parmi nos compatriotes se cherchent et ne se trouvent point.  Une vogue excessive, dans laquelle il entre plus de snobisme que de discernement, va à quelques étrangers représentatifs ou considérés comme tels (…)</p>
<p>Tourgueniev, homme envieux, perfide et qui possédait de nombreuses relations en France, avait fait tous ses efforts pour tenir sous le boisseau son ancien ami et concurrent heureux Léon Tolstoï.  Mon père, néanmoins, lut <em>Guerre et Paix</em> qu&#8217;on venait de traduire dans notre langue, et en fut enthousiasmé.  Il parlait de ces trois volumes à tous ses amis.  Il ne cessait de les citer.  Il en savait des passages par cœur.  Vers le même temps, Melchior de Voguë publiait ses études sur le roman russe.  Cette admiration pour le grand écrivain et observateur de <em>Guerre et Paix</em> et d&#8217;<em>Anna Karénine</em> rencontra la vague anarchique, pacifiste et révolutionnaire qui s&#8217;attachait au genre de vie rustique, paradoxal et falot de l&#8217;apôtre d&#8217;Yasnaïa Poliana.  La sottise humanitaire, conséquence de notre humiliation et du traité désastreux de Francfort, se mit sur Tolstoï, adopta, prôna, encensa démesurément, et pour tout le côté caduc et désuet de son œuvre, le grand vieillard aux yeux d&#8217;eau et de rêve.  L&#8217;ancien levain des <em>Misérables</em> et les attardés du romantisme fermentèrent de nouveau avec <em>Résurrection</em>.  Les pessimistes formés à l&#8217;école de la métaphysique allemande, d&#8217;Hartmann et de Schopenhauer, se ruèrent sur <em>La Puissance des Ténèbres</em>.  Le troupeau absurde des  démocrates chrétiens, en quête d&#8217;une hérésie nouvelle qui devait être, vingt ans plus tard, le modernisme, se mit à pousser, autour du faux évangéliste, des bêlements de joie.          </p>
<p>Dans le monde des gens de lettres, des professeurs d’université, des politiciens, des magistrats, des journalistes et des oisifs, ce fut à qui réhabiliterait la prostituée, le souteneur, la proxénète et le malandrin.  Ce fut, pour employer le jargon de l’époque, à qui se pencherait sur les enfers de la société, en extrairait et en chérirait les plus sordides et les plus flasques échantillons.  Le bagnard prit une auréole.  Les déclassés des deux sexes devinrent des sujets d’attendrissement, des dessus de pendules moscovites.  Il n’y eut plus de franches canailles, mais de pauvres gens, précocement dévoyés et que de bonnes paroles, des conférences appropriées, auraient tôt fait de remettre dans le droit chemin.  Maurice Pujo, dans sa belle pièce satirique <em>Les Nuées</em>, a fait un véridique tableau de ces aberrations d’après ses souvenirs de l’Union pour l’Action Morale.  Il y eut là, en effet, pendant plusieurs années, une source jaillissante de comique.  Le gobe-mouches Henri Bauer, invraisemblable primaire à tête de Dumas père, qui pontifiait à l’<em>Écho de Paris</em> de Valentin Simond, alignait des colonnes de prêche laïque sur la non-résistance au mal par la violence, qu’il interrompait soudainement pour éreinter une pauvre vieille actrice du nom de Léonide Leblanc.  </p>
<p>De cette non-résistance au mal, il n’était pas un banquier, pas un pilleur d’épaves, pas un déchet de tripot, pas un usurier de Paris, qui ne parlât avec les larmes aux yeux.  Les frères Natanson, Alexandre et Thadée (il fallait entendre Forain prononcer, en accentuant le T, ce prénom de Thadée&nbsp;!), étaient directeurs d’une <em>Revue blanche</em> où ces insanités faisaient florès.  Thadée avait une barbe noire, un masque empâté de sémite gras.  Alexandre avait les yeux blancs d’un lapin albinos, le poil sec d’un Hébreu employé de banque.  Ils s’étaient adjoints&nbsp;:</p>
<p>– un phénomène anarchiste à tête de Yankee de caricature, du nom de Félix Fénéon&nbsp;;</p>
<p>– Lucien Mühlfeld&nbsp;;</p>
<p>– un sémite jouant les jolis garçons avec un chapeau mou à l’artiste et un tout petit nez droit dans une physionomie trop régulière (cette sous-variété est horrible) appelé Léon Blum&nbsp;;</p>
<p>– l’absurde logicien Rémy de Gourmont et quelques autres symbologhettos.</p>
<p>Tout ce monde-là pontifiait, dogmatisait, tolstoïsait, s’apitoyait, Ysnaïait-Polianait en cadence, déclarait qu’on ne verrait plus jamais, jamais la guerre, qu’il était absolument inutile de s’y préparer, que l’on se foutait de l’Alsace-Lorraine, qu’elle ne valait pas le petit doigt de pied, que les militaires étaient les plus bêtes des hommes, que la patrie était un mythe et un mythe odieux, etc., etc.  Il y aurait un choix effarant à faire de ces insanités, qui s’abritaient sous la grande renommée du bonhomme Tolstoï.  Le pauvre vieux fou, par ses disciples, aura certainement contribué à notre manque de préparation à la guerre.  Méfions-nous du millionnaire et aristocrate en sabots, qui retape sa blouse et son pantalon lui-même.  Méfions-nous des loups ravisseurs qui viennent vêtus de peaux de brebis, dit le véritable Évangile.</p>
<p>Périodiquement, afin de réchauffer le zèle des prosélytes, un enfant de chœur du tolstoïsme faisait le voyage d’Yasnaïa et rapportait, au retour, ses impressions et celles du maître.  Léon Nicolaïevitch semblait avoir gardé toute sa géniale ironie pour ses œuvres, tant ses appréciations sur la littérature française étaient absurdes et enfantines.  Je ne me rappelle pas le détail.  Mais, sollicité par son interlocuteur, il ne manquait pas d’attribuer une grande importance, dans le mouvement des esprits contemporains, à Rémy de Gourmont, à Léon Blum et aux frères Natanson.  Ensuite il recommandait de boire de l’eau, de ne pas fumer, de s’abstenir de viande rouge, de faire comme les frères Doukhobors et de refuser le service militaire.  Henri Bernstein, dramaturge selon l’éthique de la revue des Natansons, a suivi ce conseil, mais ça ne lui a pas trop bien réussi.</p>
<p>Léon Tolstoï, personnage amer et tragique, que de fois j’ai songé à toi, à ce mélange de sublimité et de sottise qui fit ta profonde originalité, et à ta funeste influence&nbsp;!  Ô&nbsp;fils métaphysique de Rousseau, bien plus noble certes que ton père, comment alliais-tu la perspicacité la plus aiguë quant aux hommes, et le plus noir aveuglement quant aux idées&nbsp;?  Comment te retrouvais-tu toi-même, lorsque tu te cherchais âprement, ô solitaire&nbsp;?  C’est surtout ta fin qui me hante, ta fin errante et désespérée, où tu fus poursuivi, j’en suis sûr, par tous tes fantômes contradictoires, ta propre pitié muée en colère et ton humilité muée en orgueil. </p></blockquote>
<p>La <em>Revue blanche</em> a existé de 1889 à 1903.  Alexandre Natanson en assura la direction entre 1891 et 1902.  </p>
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		<title>Portraits</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Dec 2006 11:11:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas</dc:creator>
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<a href='http://maurras.net/2006/12/04/portraits/maurras-vers-1888-2/' title='Ch. Maurras vers 1888'><img width="150" height="150" src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2006/12/maurras-vers-1888-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Vers 1888" title="Ch. Maurras vers 1888" /></a>
<a href='http://maurras.net/2006/12/04/portraits/maurras-vers-1908/' title='Ch. Maurras vers 1908'><img width="150" height="150" src="http://maurras.net/wp-content/uploads/2006/12/maurras-vers-1908-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Vers 1908" title="Ch. Maurras vers 1908" /></a>

<p>Maurras : un monsieur entre deux âges avec une petite barbe et un haut col amidonné. Mais il n&#8217;a pas toujours eu de barbe. Et la barbe a varié autant que le col. D&#8217;où l&#8217;intérêt des portraits de Maurras. Comme l&#8217;œuvre ils ont une incontestable unité, mais cette unité à parfois eu trop tendance à cacher leur variété.</p>
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