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1882

Retour sur Tacite

par Philippe le 13 juillet 2007

Dans la note 28 de la dissertation sur Tacite, concernant une citation de « Raphaël, XCII » nous avions dû avouer notre ignorance car nous n’avions pas retrouvé cette référence dans les œuvres de Lamartine.

L’affaire est éclaircie, et notre texte corrigé de la manière suivante :

Cette citation est extraite du quatre vingt douzième paragraphe (XCII) du Raphaël de Lamartine, et non du dix septième (XVII) comme il est indiqué par erreur dans l’extrait du « cahier d’honneur » publié en 1965. Sur la copie d’origine, le C est indiscutable et ne saurait se confondre avec un V. Maurras reprend presque l’intégralité du texte de Lamartine, mais en modifie la texture, faisant des phrases plus longues, moins saccadées.

L’éloge de Tacite prend place, dans ce volume de souvenirs qu’est Raphaël, entre une évocation de Cicéron (XCI) et une réflexion sur l’art oratoire (XCIII). Lamartine décrit en détail le féroce appétit de lecture, surtout des auteurs de l’Antiquité, qui fut le sien autour de sa vingtième année ; ce qui rapproche les deux écrivains…

Voici le texte complet du paragraphe :

Quant à Tacite, je ne tentais même pas de disputer ma passion pour lui. Je le préférais même à Thucydide, cet Homère de l’histoire. Thucydide expose plus qu’il ne fait vivre et palpiter. Tacite n’est pas l’historien, mais le résumé du genre humain. Son récit est le contre-coup du fait dans un cœur d’homme libre, vertueux et sensible. Le frisson qu’il imprime au front, quand on le lit, n’est pas seulement l’horripilation de la peau, c’est le frisson de l’âme. Sa sensibilité est plus que de l’émotion, c’est de la pitié. Ses jugements sont plus que de la vengeance, c’est de la justice. Son indignation, c’est plus que de la colère, c’est de la vertu. On confond son âme avec celle de Tacite, et on se sent fier de la parenté avec lui. Voulez-vous rendre le crime impossible à vos fils ? voulez-vous passionner la vertu dans leur imagination ? Nourrissez-les de Tacite. S’ils ne deviennent pas des héros à cette école, c’est que la nature en a fait des lâches ou des scélérats. Un peuple qui aurait Tacite pour évangile politique grandirait au-dessus de la stature commune des peuples. Ce peuple jouerait enfin devant Dieu le drame politique du genre humain dans toute sa grandeur et dans toute sa majesté. Quant à moi, je dois à cet écrivain non pas toutes les fibres de ma chair, mais toutes les fibres métalliques de mon être. C’est lui qui les a trempées. Si jamais nos temps vulgaires prenaient le tour grandiose et tragique de son temps et que je devinsse une digne victime d’une digne cause, je dirais en mourant : « Rendez honneur de ma vie et de ma mort au maître, et non pas au disciple, car c’est Tacite qui a vécu et qui est mort en moi ! »

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Une nouvelle copie du jeune Maurras

par Nicolas le 26 mai 2007

Nous revenons cette fois vers le jeune Maurras, puisque cette copie date de sa quinzième année. Il s’agit d’une dissertation sur Tacite, dont nous vous proposons le texte un peu complexe puisqu’il existe deux versions de ce devoir, l’une originale, l’autre recopiée et remaniée pour un « cahier d’honneur ».

Copie sur Tacite : signature de Ch. Maurras

La courte phrase qui suit la signature de Maurras, « une voix vertueuse pour réclamer (?) les droits du genre humain calomnié », vient en variante d’une phrase du dernier paragraphe, soulignée sur la copie.

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Une copie inédite du jeune Maurras

par Philippe le 6 décembre 2006

Cette copie sur Horace et Boileau date vraisemblablement de 1882, Maurras aurait donc 14 ans. La copie a été retrouvée dans les papiers de Mgr Jean-Baptiste Penon. Mais ce n’est pas lui, alors simple abbé, qui l’avait corrigée à l’époque. Ce devait être le professeur de rhétorique, un certain abbé Amédée Barailler. Mais il était absent, pour une raison que nous ignorons, et la copie a été vue par un autre professeur, un M. Colombel dont a priori on ne sait rien. La copie porte une mention de la main de l’abbé Penon

accuratissime annotatum par G. Colombel

Soit : « Très finement annoté par G. Colombel. »

Celui-ci avait écrit en marge :

Quelle chance que Barailler ne l’ait pas lu !

Comme pour tous les textes, vous pouvez télécharger en bas de page une version imprimable en pdf.

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