Les Lettres des Jeux olympiques

Les Lettres des Jeux olympiques sont un texte exemplaire de l’œuvre de Maurras : parues sous forme d’articles, reprises en volume, puis encore remaniées avec le volume auquel elles avaient été intégrées.

Maurras a été envoyé par La Gazette de France aux Jeux olympiques restaurés à Athènes par Pierre de Coubertin en 1896. Ses articles paraissent entre le 15 et le 22 avril 1896 sous forme de lettres au directeur de la Gazette, Gustave Janicot.

Elles seront reprises en 1901, parfois assez considérablement remaniées par Maurras, pour former la plus grande partie du premier livre d’Anthinéa.

Nous donnons ici la version parue dans La Gazette de France en 1896, réservant pour Anthinéa la version de ces lettres qui lui appartient.

Le Pain et le Vin

Le Pain et le Vin paraît dans Candide le 22 avril 1942. L’article est repris au troisième trimestre 1944 dans un ouvrage publié par les Éditions du Cadran.

Il s’agit d’un cahier d’une centaine de pages, contenant trois articles. Le Pain et le Vin est le premier d’entre eux, et donne son titre à l’ensemble. Le tirage est de 750 exemplaires, sur un papier de très mauvaise qualité, illustré en sépia par Robert Joël.

Et cependant, c’est un « livre d’art », non relié ; les feuilles de format 420 sur 520 mm sont pliées en quatre, formant des cahiers de huit pages. Mais nous sommes au plus fort des restrictions et difficultés d’approvisionnement de toutes sortes ; le papier, quasiment transparent, n’est pas à la hauteur d’un livre d’art, et le texte du verso apparaît au travers des feuilles comme autant de maculatures fâcheuses.

Charles Maurras y reprend, à propos de la fabrication du pain et du vin, son argumentaire sur l’homme industrieux développé dans Mes idées politiques et nous donne, en quelques phrases de bon sens, une petite leçon intemporelle d’économie politique et d’anthropologie qui fait oublier le sombre contexte de l’époque.

Exécution en règle du romantisme hugolien

Ce texte n’aura connu qu’une diffusion restreinte, bien que ce soit l’un de ceux où Charles Maurras s’exprime le plus complètement et le plus clairement sur sa conception des rapports entre classicisme et romantisme, bien que ce soit aussi l’un des rares endroits où Maurras exécute le romantisme en tant qu’art poétique pur, c’est-à-dire en n’y faisant pratiquement aucune référence ni à l’Allemagne, ni à la Révolution.

Le texte original paraît en trois livraisons, dans la Gazette de France, au moment des festivités du centenaire de Hugo, de novembre 1901 à février 1902, sous les titres :

  • Protozoaire ou vertébré : à propos de Victor Hugo ;
  • Hugo ;
  • Nouvelle réplique, ou la journée de Victor Hugo.

Les trois articles, rebaptisés Avant la fête, Pendant la fête et Après la fête, ne seront réunis et publiés qu’en juillet 1926, dans une petite brochure qui prend le titre Lorsque Hugo eut les cent ans.

Maurras y adjoint un épilogue, curieusement daté « du milieu du vingtième siècle ».

Le premier tirage est confidentiel ; il porte la mention d’éditeur « Chez Madame Lesage, à Paris ». Un second tirage, cette fois de 1500 exemplaires, paraît en Janvier 1927, avec la mention « Chez Marcelle Lesage ».

En 1932, le Dictionnaire politique et critique en reprendra quelques extraits. Enfin, une partie du texte est reprise dans le tome 3 des Œuvres capitales, dans le chapitre Bons et mauvais Maîtres. Maurras y a entièrement supprimé le second article, fait quelques coupes dans le premier, procédé ailleurs à des retouches de détail, et ajouté de nouvelles notes.

Deux portraits gravés

Deux petites gravures d’Albert Decaris s’ajoutent à notre galerie de portraits.

1945 - Portrait par Decaris.
1945 – Portrait par Decaris, ex-libris de Robert Delidon.

Cet ex-libris de M. Robert Delidon, dont la gravure mesure 60×85 mm, a été tiré en 1945 par le Caveau Saint Roch, à Nancy.


1945 - Portait par Albert Decaris
1945 – Portait par Albert Decaris : Charles Maurras porte le droguet des condamnés à perpétuité.

L’épigraphe vient du 10e vers du chant II de l’Enfer de Dante.

Taille : 90×130 mm.

Toujours réalisé en 1945 par le Caveau Saint Roch, à Nancy, c’est le second tirage, destiné aux graveurs de Ravenne, ville où repose l’Alighieri.

La légende est tirée du XXIIe chant du Purgatoire :

Tu as fait comme ceux qui par derrière portent
Une torche la nuit, — elle ne leur sert pas,
Mais elle éclaire ceux qui viennent à leur suite —, (…)

Maurras est représenté sanglé dans le « droguet » alors réservé par l’administration pénitentiaire aux reclus à perpétuité.

Lorsque Proudhon eut les cent ans

Proudhon est l’homme d’une formule : « La propriété c’est le vol. »

Reprise à l’envi pour tirer Proudhon vers le socialisme, quand ce n’est pas vers le communisme. Maurras nous prouve le contraire, ressortant même pour parler de Proudhon un adjectif déjà vieilli en 1910 : papalin. Le papalin est une ancienne monnaie des États pontificaux. Par extension, il désigna comme adjectif un partisan du pape dans les querelles entre le Saint-Siège et l’Italie naissante.

(Nous corrigeons le titre donné à ce texte dans les Cahiers du Cercle Proudhon, À Besançon, titre bien terne et peu parlant, pour faire un clin d’œil au célèbre texte de Maurras sur le centenaire de Victor Hugo.)