Maggi, bouillon d’espions !

À partir du 2 août 1914, des Parisiens ont saccagé les boutiques allemandes et autrichiennes de Paris, en particulier les magasins Maggi. Maurras, dans son article du 3 intitulé « Devant l’ennemi », s’empresse de démentir toute implication de l’A. F. dans ces saccages. S’il n’y a pas de raison de douter de ses dénégations et de celles de Pujo, et s’il n’y avait sans doute pas de camelots en tant que tels parmi les émeutiers, l’A. F. est-elle bien innocente ? Continuer la lecture de « Maggi, bouillon d’espions ! »

Les petit ciseaux de Daladier

C’est la première fois que nous sommes contraints de mettre à votre disposition un texte de Maurras en le censurant : il s’agit de « La Politique » du 26 novembre 1939.

Mais c’est la faute de Daladier.

Tant d’autres choses, dira-t-on, sont la faute d’Édouard Daladier ! pourtant c’est bien lui qui en novembre 1939 dirige le gouvernement où il s’est réservé le portefeuille de la guerre et qui, durant cette drôle de guerre, applique la censure de la presse. On le tiendra donc pour responsable des manques dans notre article. Continuer la lecture de « Les petit ciseaux de Daladier »

Dissiper les nuées

Même abreuvés d’informations incessantes comme nous le sommes, on imagine mal ce qu’à pu être l’accélération des événements durant l’été 14 : le 18 juin, l’archiduc d’Autriche est assassiné, et pendant plusieurs semaines ce seront accusations, négociations avortées, tensions austro-serbes rapportées au jour le jour par tous les journaux ; le 15 juillet le parlement vote l’impôt sur le revenu, serpent de mer qui a animé la Troisième République pendant des décennies en produisant d’homériques batailles et de sourdes luttes d’influence entre socialistes et radicaux ; le 23 juillet l’Autriche-Hongrie lance son ultimatum à Belgrade ; le 27 juillet voit de considérables manifestations syndicales contre la guerre possible ; le 28 l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie et Henriette Caillaux est acquittée ; les 29 et 30 l’allié russe mobilise ; le 31 l’Allemagne lance un ultimatum à la France ; le 31 toujours Jaurès est assassiné. Le 1er août l’Allemagne déclare la guerre à la Russie ; le 3 l’Allemagne déclare la guerre à la France et elle envahit la Belgique le même jour ; l’Angleterre entre en guerre le 4 août.

On hésite à qualifier le 2 août de journée d’accalmie relative : l’Allemagne n’y déclare la guerre qu’à la Belgique, si l’on peut dire, et la France mobilise mais la nouvelle était connue dès la veille. Ce même jour, dans le tourbillon incessant des nouvelles catastrophiques, alors que la guerre semble inévitable, Maurras choisit pour son article quotidien de revenir sur la mort de Jaurès : on y trouve évidemment de concis propos de circonstance ou des précisions rapides sur l’innocence de l’Action française — le bruit avait courru que Raoul Villain, l’assassin de Jaurés, en était membre, c’était en réalité un ancien membre du Sillon de Marc Sangnier !

Mais pourquoi revenir sur Jaurès ? Continuer la lecture de « Dissiper les nuées »

Les leçons inutiles d’une guerre l’autre

Les Conditions de la victoire : il s’agit de quatre volumes regroupant des articles de guerre. Le premier, que nous inaugurons avec sa dédicace à Camille Bellaigue, est sous-titré « La France se sauve elle-même » et regroupe des articles d’août à la mi-novembre 1914. Continuer la lecture de « Les leçons inutiles d’une guerre l’autre »