Le poète de l’indicible

Point n’est besoin de s’inventer un monde d’horreurs ou d’hallucinations pour nourrir son inspiration poétique, dès lors que ces horreurs ont bel et bien existé, et que leur réalité dépasse l’imagination la plus perverse.

Et lorsque c’est un poète de génie qui aura lui-même vécu, traversé ces épisodes d’épouvante avant d’y laisser sa propre vie, les vers qu’il aura laissés en témoignage resteront à jamais comme trop imprégnés de tragique pour être accessibles au lecteur. C’est toute la différence que fait Maurras entre la Charogne de Baudelaire, qui a fasciné son adolescence, et les Iambes d’André Chénier. On ne saurait cependant qualifier de malchance, pour Baudelaire, de n’avoir eu pour nourrir son inspiration que la répugnance qui lui inspirait le général Aupick, André Chenier ayant de son côté la « chance » de connaître les cachots et les exécutions de la Terreur…

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Il n’y a pas un mot de vrai dans
La Vie !

Un de l'AF du 11 novembre 1926

Un de l'AF du 11 novembre 1926.

Il n’y avait du moins pas un mot de vrai, Maurras nous l’assure, dans ce que racontait La Vie catholique en novembre 1926. On le croira sans peine devant les incessants trafics de citations et simples faux que les journaux calotins multipliaient alors contre l’Action française, reprenant les vieilles recettes du Sillon en même temps que ses vieilles rancunes.

La Vie a depuis abandonné son épithète catholique. Beaucoup assurent que cet abandon n’a pas été que de mots. Cet hebdomadaire dit-il maintenant la vérité, ou persiste-t-il dans le mensonge, la demi-calomnie et autres malhonnêtetés ? n’en ayant pas ouvert un numéro depuis de longues années nous ne saurions le dire avec sûreté, et d’ailleurs cela dépasserait les limites de notre propos.

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Favoriser les entreprises de l’ennemi !

Maurras lors de son procès à Lyon en janvier 1945

Maurras lors de son procès à Lyon en janvier 1945.

Avoir favorisé les entreprises de l’ennemi, telle est l’absurde accusation à laquelle Maurras doit faire face devant la Cour de justice de Lyon, du 24 au 27 janvier 1945.

Une seule phrase, dans sa longue défense, suffit à clore la question :

Pas une personne au courant des Lettres contemporaines ne me contredira si j’affirme qu’il n’existe pas un écrivain français qui ait manifesté par toute sa carrière, au même degré que votre serviteur, une semblable horreur de l’esprit allemand et de la domination allemande. Le fait matériel n’est pas contesté jusqu’au mois de juin 1940 ; et l’accusation veut qu’alors, à soixante-douze ans, j’aie changé de pensée, d’esprit et de langage ! Il faudrait qu’elle nous expliquât ce revirement.

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La Monarchie fédérale

Dans les premières éditions de L’Étang de Berre, de 1915 à 1924, le texte que nous publions aujourd’hui s’appelait La Monarchie fédérative. En 1927 paraît une édition de luxe, illustrée par Albert André ; l’ordonnancement des articles est un peu modifié, et celui-ci, daté de juin 1912, reçoit un nouveau titre, La Monarchie fédérale.

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