Le 15 septembre 1895, Charles Maurras qui est Parisien depuis dix ans évoque, dans la chronique littéraire de la Revue encyclopédique Larousse, les réminiscences baudelairiennes qui renaissent en lui lors de ses retours au pays natal :
Là, tout n’est qu’ordre et beauté
Luxe, calme et volupté.
Ainsi scande L’Invitation au voyage. Et cependant, Maurras fait ce qu’il peut pour chasser de lui-même ce « mauvais enchanteur » de Baudelaire… Mais rien n’y fait. Ces vers, « autrefois aimés », qu’on veut morts « de vieillesse et d’ennui », reviennent et s’imposent, comme exhalés par le vent marin, les bosquets d’oliviers et les flottilles de pêcheurs. Maurras aura beau s’en défendre, plaider et argumenter, Baudelaire restera le plus fort. Mais tout jardin littéraire qui se respecte ne doit-il pas être parsemé d’îlots de plantes vénéneuses au charme fascinant ?
Ce très beau texte de 1895 sera connu du public vingt ans plus tard, lorsqu’il deviendra l’avant-propos de L’Étang de Berre. Il n’y porte pas de titre, et commence par des points de suspension. Nous lui avons donné un nom : Au flanc d’une colline.
Au flanc d’une colline est le premier des textes choisis en 1989 par le docteur Robert Fouque pour illustrer l’ouvrage On n’échappe pas à sa Terre qu’il donne à l’Association des Amis de la Maison du Chemin de Paradis. Nous vous en offrons quelques extraits, avec l’illustration d’Albert André pour L’Étang de Berre en 1927 :
- Édition de 1927, illustration Albert André.
- « Cinq ou six pins retiennent le sol friable de cette terre inconstante… »
- « Ports, pêcheurs, voiles roses ou blanches vivent agités comme nous d’un feu d’inquiétude infini… »
-
« Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde… »
- « Vesper commence de briller aux confins des nuits et des jours… »
- « Mon étroit, modeste et mélancolique Chemin de Paradis, bordé de joncs… »





