Martigues restera-t-elle toujours Martigues ?

Chaque ville, comme chaque province, chaque terre dont on se reconnaît être et appartenir, suscite chez ses anciens habitants la nostalgie de ce qu’elle fut au temps de leur enfance, quelle qu’ait été la nature réelle, bénéfique ou malvenue, des transformations opérées dans l’intervalle. Il ne s’agit pas là d’un jugement, même subjectif, mais d’une réalité relevant de la biologie et de la démographie, qu’il faut bien se garder d’interpréter autrement. Continuer la lecture de « Martigues restera-t-elle toujours Martigues ? »

L’épée d’académicien de Charles Maurras

Chers Amis,

Après une période de relâche que certains d’entre vous ont pu juger longue, mais que nous n’avons jamais tenue que pour provisoire, notre site reprend aujourd’hui ses publications. Et pour entamer cette nouvelle étape de son développement, quoi de mieux qu’un vigoureux coup d’épée à même de pourfendre cette démoralisante morosité qui, d’année en année, semble monter autour de nous comme une marée visqueuse ?  Continuer la lecture de « L’épée d’académicien de Charles Maurras »

Déjà, le front et l’arrière

« Contre les murmures » ? Que veut donc dire le titre de cet article du 26 août 1914 ? Murmurer ce n’est pas seulement parler bas. C’est aussi le bruit de la rumeur publique, celui de l’opinion. Et l’on sait qu’en démocratie l’opinion est un enjeu, qu’elle fait et défait les ministères et les politiques, qu’elle est faite par les journaux et ultimement par l’argent qui les possède.

Or Maurras vient de passer plusieurs articles quotidiens à batailler contre Gervais ou Clemenceau, contre ces politiciens que la guerre elle-même ne fait pas taire et qui continuent à pousser chacun son avantage en empilant les articles ou les tribunes. Croyait-il vraiment que l’Union sacrée mettrait un frein à leurs ambitions ? C’est bien douteux, et la déploration, pour être sincère, n’en a pas moins quelque chose de rituel. Continuer la lecture de « Déjà, le front et l’arrière »

Les Méridionaux du 15e corps

Des Provençaux accusés de lâcheté, d’avoir cédé devant l’ennemi, de n’avoir pas encaissé le choc des Bavarois ou des Mecklembourgeois, de s’être égaillés comme une nuée de moineaux en abandonnant fusils et couvre-chefs ? Et faussement qui pis est ? Maurras ne pouvait pas laisser calomnier ses compatriotes, d’où cet article du 25 août 1914. Il répond à un article du sénateur Gervais dans Le Matin de la veille : « un incident déplorable s’est produit… La défaillance d’une partie du 15e corps a entraîné la retraite sur toute la ligne ». Or le 15e corps d’armée était essentiellement composé de régiments méridionaux. Continuer la lecture de « Les Méridionaux du 15e corps »

« Tuer comme un chien » le ministre de l’Intérieur

Si les ministres de l’Intérieur sont facilement accusés d’instrumentaliser certaines forces politiques marginales contre les bons citoyens, d’utiliser la police de manière politique, de favoriser en tout les voyous contre les honnêtes gens ou encore d’être l’incarnation du parti de l’Étranger, il est plus rare qu’un journaliste menace publiquement par voie de presse de faire tuer le ministre de l’Intérieur pour le châtier de toutes ces noirceurs.

Il n’y a guère qu’un seul cas : celui de Maurras menaçant Abraham Schrameck le 9 juin 1925, dans cet article qui ne porte que le titre de rubrique « La politique », mais que les contemporains eurent tôt fait de baptiser « Lettre à Schrameck ».

Deux lettres en fait : l’une au préfet de police, plus précise quant aux reproches faits par Maurras après divers incidents graves et plusieurs assassinats ; l’autre qui recherche plus proprement la responsabilité politique d’Abraham Schrameck, alors ministre de l’Intérieur. Continuer la lecture de « « Tuer comme un chien » le ministre de l’Intérieur »

Lavisse retrouvé

La République c’est aussi quelques noms. Parmi ces noms, il en est peu qui soient aussi liés pour nous à la Troisième République que celui d’Ernest Lavisse qu’évoque Maurras dans ce « M. Lavisse retrouvé » du 24 août 1914. Historien officiel couvert d’honneurs, sans cesse édité et réédité, personne n’a eu une plus déterminante influence qu’Ernest Lavisse dans la diffusion de ce qu’on est convenu d’appeler le « roman national », vaste reconstruction a posteriori et somme toute assez consensuelle qui servait les intérêts du régime en y incorporant pour les écoliers et les collégiens des éléments soigneusement triés et réinterprétés. Y figurait en bonne place ce qui pouvait sinon rallier les opposants, du moins désarmer leurs justes préventions en rattachant malgré tout la France éternelle à la forme républicaine de son organisation politique du moment. Continuer la lecture de « Lavisse retrouvé »